Fiches pratiques, Généalogie

La reconstitution familiale

Clovis Ier et sa famille

Clovis Ier et sa famille © BnF

Le but d’une reconstitution familiale est de lier tous les individus portant le même nom de famille, habitant ou non dans un lieu précis, pour un faire un arbre généalogique de descendance, avec une ou plusieurs branches distinctes.

Au-delà de cette définition, la reconstitution familiale a plusieurs avantages généalogiques :

  • avancer dans sa généalogie
  • pouvoir résoudre un blocage généalogique comme par exemple lever un doute sur la filiation d’un ancêtre
  • partir à la recherche de cousins éloignés ayant une branche commune avec l’arbre familial que vous essayez de reconstituer

La réussite : le plus de documents possible

La réussite d’une bonne reconstitution familiale dépend du nombre de documents que vous pouvez avoir concernant les communes et/ou la famille concernée. Les registres et les relevés de la commune sont bien entendu un bon point de départ, mais il faut aussi penser à d’autres documents comme les contrats de mariage, les dispenses de mariages, les roles d’imposition suivant les régions, les successions, tous les documents laissant apparaître des noms et des relations avec d’autres personnes de la famille.

Certes, la plupart de ces documents ne sont disponibles qu’aux archives départementales dépendant du lieu des recherches et il ne sera pas facile de s’y rendre régulièrement, surtout si vous habitez loin. A ce titre, nous essayerons d’utiliser les simples registres paroissiaux pour commencer.

Dépouiller les registres Registres paroissiaux

Vieux registres paroissiaux de Dole (39)

Vieux registres paroissiaux de Dole (39)

Une bonne approche consiste à faire le relevé systématique de toutes les personnes portant le nom recherché dans les registres et ou relevés.

Mieux ! : faire le relevé systématique de tout les registres de la commune s’il n’a pas été fait. Cela vous permettra de vous familiariser avec les noms propres locaux, d’avoir une vue d’ensemble des familles composant la paroisse, de distinguer les éventuels mariages semblant consanguins, de repérer les lacunes de distinguer les noms des prêtres et surtout de faire profiter d’autres généalogistes du relevé en le cédant à une association généalogique ou à la mairie de la commune concernée.

Ne pas oublier de relever le nom des parents mais surtout le nom des témoins et leur éventuels liens avec la personne mentionné dans l’acte (parent, cousin, frère, ami…) car dans des cas difficiles, ils pourront vous aider dans la reconstitution familiale.

Faites aussi attention aux actes sur lesquelles apparaissent les membres de la famille comme témoins : ils peuvent être d’une importance capitale, surtout si un lien de filiation est cité.

Un cas concret

Par exemple, nous recherchons tous les CARLU d’une même famille. Un acte nous mentionne le décès d’un certain François DUMONT, fils de Jean et de Colette CARPENTIER. Il est tentant de mettre cet acte de côté car il ne concerne pas les CARLU. Or il se trouve qu’un témoin au décès est un certain Roch CARLU, dit beau-frère au décédé. L’acte ici anodin peut se révéler fort utile par la suite : soit François DUMONT est marié à une CARLU, soit l’une de ses sœurs est mariée à un CARLU.

C’est pour cela qu’il faudrait préférer un relevé systématique de tous les actes de TOUS les registres, pour être sur de n’avoir manqué aucun élément.

Se lancer dans les branches

Une fois ce travail effectué la reconstitution peut commencer, en débroussaillant les actes filiatifs trouvés qui vous donneront, une ou plusieurs branches distinctes en fonction de l’importance de la famille dans la commune.

Commencez à monter votre arbre en vous servant des mariages filiatifs en remontant de génération en génération. Cherchez les mariages collatéraux pour étayer votre arbre, puis intéressez-vous aux naissances et décès des individus clairement identifiables (fils de…, témoin le père…, mari ou femme de…)

Puis, au vu de ces branches, des dates trouvées, des approximations des dates de naissances, des théories peuvent être montées pour regrouper les branches et mettre des dates d’actes sur les bonnes personnes, le tout est d’arriver à les démontrer. C’est ici qu’entrent en jeux d’autres paramètres qui vous ferons sortir des sentiers battus :

  • faites parler les témoins des actes et leurs relation familiales avec l’individu concerné,
  • intéressez-vous aux contrats de mariages ou aux dispenses de mariages s’il y en a : ils sont filiatifs la plupart du temps,
  • comparez les signatures pour identifier formellement un homonyme et sa « vie » tout au long des registres,
  • utilisez les roles d’imposition pour savoir qui payait (et donc qui pouvait être vivant à la date du relevé)

Toutes les pistes sont bonnes à prendre car réaliser une reconstitution familiale peut prendre l’aspect d’une véritable enquête policière. Chaque mot, chaque élément peut être sujet à l’échafaudage, l’étayage, la preuve (ou l’éboulement…) d’une théorie !

Un cas concret

De l’importance du terme « feu » dans un acte.

Le terme « feu » devant un patronyme signifie que la personne est décédée à la date ou le texte est écrit.

La famille LEFEBVRE dans une commune est relativement grande, avec de fréquents homonymes. Nous avons deux date de décès de Jean LEFEBVRE, difficiles à distinguer : le décès de Jean LEFEBVRE veuf de Marie LECOMTE le 1/11/1698 et le décès de Jean LEFEBVRE, mari de Catherine PARE le 4/06/1699. Il est précisé qu’ils avaient le même âge au décès, donc les mêmes dates de naissances approximatives. Nous avons réussi à connaître les parents des deux Jean, mais comment ne pas se tromper entre ces deux Jean et leur attribuer les bons enfants?

Un acte nous donne la solution : le 26/05/1699 Jean CARLU se marie avec Antoinette LEFEBVRE, fille de feu Jean LEFEBVRE (la mère est non citée).

Grâce à cet acte, et la présence du terme « FEU » il est donc maintenant aisé de distinguer les date de décès des deux Jean LEFEBVRE puisque le père d’Antoinette est mort à son mariage : il s’agit de Jean LEFEBVRE +1/11/1698. De plus, nous trouvons une mère à Antoinette : Marie LECOMTE.

Pour exemple, certaines familles présentes dans le canton d’Eu (Seine-Maritime) ont fait l’objet d’une reconstitution familiale, vous pouvez les visualiser sur la page consacrée aux villes et villages du canton.

Remarque : il ne faut pas vouloir relier absolument toutes les branches à un ancêtre commun. Bien qu’il soit probable qu’une famille ait fait racine dans un lieu dans la période des registres, ce n’est généralement pas le cas et la plupart du temps, vous allez vous retrouver avec différentes branches d’une même famille dans un lieu, sans pouvoir les relier.