
Arbre de Jessé ; miniature manuscrit 416 f° 7 , Bibliothèque de l'Arsenal. © BnF
La numérotation Sosa-Stradonitz (aussi appelée numérotation Sosa – plus facile à écrire) est un système de numérotation pour le repérage des ascendants d’un individu. Les règles sont simple et permettent de donner un numéro unique à chaque ancêtre présent dans la généalogie d’une personne. Les trois règles de la numérotation sont les suivantes :
- L’individu « initial » dont on désire numéroter la généalogie ascendante est le n° 1 (appelé aussi de-cujus)
- Le père d’un individu numéroté n est n*2 (le double)
- La mère d’un individu numéroté n est (n*2)+1 (le double +1)
En pratique
Vous désirez numéroter vos ascendants. En tant que de-cujus, vous portez donc le n°1. Votre père portera le n° 2 (1*2) et votre mère le n°3 (1*2)+1. Votre grand père paternel portera le n° 4 (votre père portant le 2 son père portera le n° 2*2=4), votre grand mère paternelle portera le n° 5 (2*2)+1, ainsi de suite. Vos grands-parents porteront donc les n° de 4 à 7, vos arrières-grands-parent les n° 8 à 15.
Historique
La numérotation Sosa-Stradonitz, appelée aussi numérotation Sosa a été inventé en 1590 par l’historien allemand Michel Eyzinger (dans « Thesaurus principum hac aetate in Europa viventium, quo progenitores eorum… »). Jérôme de Sosa, moine espagnol l’utilisa en 1676 dans son « Noticia de la gran casa de los marqueses de Villafranca, » ainsi que Francis Galton en 1883.
Le système fut repris et amélioré au XIXème siècle par Stephan Kekule Von Stradonitz, fils du chimiste allemand Friedrick August Kekulé von Stradonitz, qui l’employa en particulier en 1896 dans son Ahnentafel-Atlas (« Ahnentafeln zu 32 Ahnen der Regenten Europas und ihrer Gemahlinnen »), contenant 79 tableaux d’ascendance de souverains européens ou de leurs conjoints.
Conséquences de la numérotation Sosa
- Chaque individu porte un numéro unique.
- Les ascendants masculins porteront toujours un numéro pair
- Les ascendants féminins porteront toujours un numéro impair
- Le père d’un enfant porte toujours le numéro double de celui-ci
- La mère d’un enfant porte toujours le numéro double de celui-ci plus un
- Dans un même couple, la femme porte toujours le numéro du mari plus un
D’un point de vue plus mathématique, les conséquences sont aussi présentes :
- Le premier numéro sosa d’une génération indique le nombre d’ancêtres dans cette génération : Le sosa n° 8 est le premier de la génération 4 (le de cujus est en génération 1) : celle-ci comportera 8 individus (donc portant les n° 8 à 15)
- D’après un numéro sosa N, vous pouvez savoir à quelle génération il appartient, par la formule suivante : generation = INT [log(N) / log(2)] + 1. INT représentant la partie entière du nombre calculé.
Sosa-Stradonitz à la sauce binaire
Chapitre spécial geeks et boolean addicts !
Si l’on transforme le numéro sosa en système binaire, plusieurs autre conséquences peuvent apparaitre, induite par la notion de récurrence de la méthode :
- il est possible de savoir visuellement si un individu descend d’un autre : si nous prenons le sosa n° 8 (1000), et le sosa n°71 (1000111), nous remarquons que la suite des 0 et 1 du n°8 est incluse dans celle du n°71 : le n°8 descend du n°71
- pour un individu donné, il est possible de parcourir la filiation père de / mère de jusqu’au de cujus. Le nombre 0 en base binaire peut être lu comme « père de… » et le 1 comme « mère de… ». Si l’on considère le sens de lecture du nombre binaire de droite à gauche, le dernier chiffre (toujours à 1) est considéré comme le de-cujus, ou individu origine. Par exemple, prenons le sosa 13 (1101 en base 2), le sosa 13 peut être lu comme « la mère du père de la mère du n° 1), qui correspond bien à la mère du grand-père paternel du n°1.
- enfin, il est également possible de savoir à quelle génération appartient l’individu : c’est le nombre de caractères composant le nombre binaire.
Téléchargements
Fichier zippé (645 Ko) au format Excel des numéros sosa de 1 à 32767 (15 générations) avec transformation en binaire