Pour bien débuter votre généalogie, rien ne vaut les paroles des vos ancêtres les plus directs et encore vivants : vos parents, grands-parents, tantes, oncles, tous les membres de votre famille que vous avez encore la chance d’avoir et de voir. Allez leur rendre visite, parlez leur de votre projet, interrogez-les sur eux-mêmes, leurs parents et grands-parents. Où sont ils nés, où se sont-ils mariés, où sont-ils décédés, quels métiers ont-ils exercés ? Chaque membre de votre famille a quelque chose à raconter sur soi-même ou sur votre famille.
Cette démarche, que quelques personnes pourraient considérer comme superflue, a le mérite de vous apporter trois avantages:
- Vous aurez vos premières informations rapidement, que vous pourrez rassembler et comparer en fonction des dates et lieux donnés par chacun.
- Vous aurez certainement éveillé la curiosité de certains qui retourneront leurs vieux papiers, photos ou documents familiaux qui pourront vous être précieux.
- Cela vous donnera l’occasion d’aller voir la grand-tante que vous n’avez pas vu depuis des mois ou des années !
Les documents familiaux

Conservez vos photos !
Essayez de rassembler tous les documents familiaux que vous pourrez trouver, à commencer par les livrets de famille, les actes notariés, livrets militaires ou autres.
C’est eux qui complèteront et validerons (ou invaliderons) les éléments que vous avez pu récupérer auprès de votre famille. Ils vous donneront des dates de naissance, de mariage ou de décès ainsi que des noms supplémentaires (frères, soeurs, parents…).
Récupérez les vieilles photos, soit pour les classer soit pour les numériser (certaines photos sont fragiles, autant essayer de les garder sous une forme numérique).
Un début d’arbre d’ascendance…

Un arbre qui ne demande qu'à s'étoffer
Une fois toutes ces informations récoltées, vous pourrez commencer à dessiner et alimenter votre arbre. Vous devriez avoir 3 ou 4 générations sans trop de difficultés. Vous pouvez opter pour un arbre papier ou directement rentrer vos données dans un logiciel de généalogie.
Certains d’entre eux sont gratuits, d’autres payants. Avant de dépenser quelques dizaines d’euros pour vous équiper, je vous conseille dans un premier temps de vous familiariser avec un arbre sur papier (exemples sur la page de téléchargements), qui vous donnera une vision plus globale de votre généalogie.
Demander des actes en mairie
Vous avez maintenant des dates et des lieux, c’est le moment de prendre votre plume pour demander ces actes pour vérifier de manière indiscutable ces informations et pour pouvoir avancer plus en avant.
Ecrivez à la mairie ou l’hôtel de ville du lieu de naissance, mariage ou décès de votre ascendant en demandant une copie intégrale de l’acte recherché. Certaines mairies ne répondent pas toujours (car elles ne sont nullement tenues de le faire), alors quelques règles de bienséances et de savoir-vivre sont à observer pour avoir le maximum de retour:
- Mettez TOUJOURS une enveloppe à votre nom et adresse – suffisamment timbrée – pour le retour.
- Pour les petites communes, mettez quelques timbres supplémentaires pour le temps passé à faire les recherches, elles n’ont pas forcément un gros budget et apprécient beaucoup ce geste.
- Soyez le plus PRECIS possible : une demande du type « Je cherche l’acte de naissance de Norbert DURAND, fils de Jean et Marie DUBOIS né le 10 novembre 1890″ aura beaucoup plus de chance d’aboutir que « Envoyez-moi l’acte de naissance de Norbert DURAND né aux alentours de 1889″.
- Demandez, remerciez par avance, soyez courtois plutôt que d’exiger. Des personnes travailleront pour honorer votre demande: respectez-les car vous n’êtes certainement pas le seul a effectuer une telle demande et ce n’est certainement pas leur unique travail.
- Soyez patients car certaines mairies peuvent être longues à répondre.
- Enfin, tenez compte de la limite des 75 ans.
Les actes de moins de 75 ans
Pour protéger la vie privée du citoyen, la loi française définit un délai de 75 ans avant que les actes d’état civil ne soient rendus publics et donc accessibles par le plus grand nombre (loi n° 79-18 du 03/01/1979 et loi n° 2008-696 du 15/07/2008).
Sans rentrer dans les détails et les subtilités juridiques de cette loi, il vous faudra prouver votre filiation avec la personne concernée par l’acte pour en obtenir une copie intégrale de l’acte original. Joignez à votre demande toutes les copies nécessaire (livret de famille, actes déjà reçus…) pour prouver votre filiation avec la personne recherchée. Pour avoir tout sous la main, commencez par vos propres actes, puis ceux de vos parents !
Lire les actes pour progresser…

Un acte de 1871
Ca y’est ! Vous avez reçu l’acte de décès de votre arrière-grand-mère, dont vous ne connaissez pas les parents ni même l’époux, mort assez jeune d’après les histoires de famille. En lisant l’acte vous aurez de grande chance d’avoir le nom de ses parents, de son mari décédé ou de sa date et lieu de naissance. Autant d’informations qui pourront vous permettre d’avoir de nouvelles dates, de nouveaux lieux et de nouveaux noms à rechercher. Refaites alors des demandes d’actes en mairie avec ces nouveaux éléments, qui pourront vous faire progresser d’une génération.
Cette technique du « je reçois, je redemande » s’arrêtera assez vite car les mairies ne conservent pas toutes leurs actes d’état civil depuis des centaines d’années. Les demandes se solderont par une petite phrase du genre « Nous n’avons plus les actes d’état civil à cette date, veuillez vous adresser aux Archives Départementales »: c’est maintenant vers eux qu’il faudra vous tourner pour continuer à progresser.
Les Archives Départementales (AD)

Registes d'état civil de Dole
Selon la loi 70-1200 du 21/12/1970 (art L1421-7 du code des collectivités locales), les communes de moins de 2000 habitants ont l’obligation de déposer leurs actes d’état civil de plus de 150 ans aux archives de leur département.
Pour les communes de plus de 2000 habitants, celles-ci ne sont pas tenues de le faire mais certaines choisissent de les déposer aux AD, dans un but de sauvegarde et de conservation, n’ayant pas les structures nécessaires pour assurer cette conservation. Il faudra donc vous rendre aux archives du département concerné par la commune dans laquelle vous faites des recherches, pour avoir des actes antérieurs à 1860.
Ces démarches peuvent présenter certaines difficultés, surtout géographique si vous habitez loin du lieu de vos recherches. Heureusement, les associations, les groupes d’entraides généalogiques sont là pour vous aider. A savoir également que de plus en plus, les archives numérisent leurs actes et certains établissements les mettent à disposition des chercheurs sur Internet, gratuitement.
Pour bien continuer sa généalogie
La généalogie doit être abordée de manière rationnelle et méthodique. Quelques de connaissances, techniques et vocabulaire sont à connaître pour progresser efficacement et justement. Ces connaissances, vous les acquérrez avec votre propre expérience, car aucune généalogie n’est comparable à une autre : chaque branche, chaque famille, chaque village a son existence propre, limitant ou élargissant le champ des recherches, avec son lot de facilités ou de difficultés. C’est un sans cesse renouvellement et une redécouverte à chaque ancêtre.
Il est très probable que vous arriviez à remonter jusqu’en 1600 sur une branche, alors que vous serez bloqué vers 1850 sur une autre. Cette fiche vous explique jusqu’ou remonter en généalogie.
En guise de conclusion, un seul conseil : soyez vigilant lors de vos recherches : l’Internet est vaste et propose de multiples solutions pour avancer très rapidement. Entre autres, beaucoup de sites proposent des généalogies personnelles des chercheurs voulant les partager : certaines sont justes, d’autres contiennent des erreurs. Ces généalogies sont des bonnes pistes de recherches, mais rien ne vaut une vérification personnelle par la suite, en ayant les actes ou les documents sous les yeux prouvant sans équivoque la filiation trouvée.
Il est certes très valorisant de dire que l’on descend d’un lignée royale ou d’un personnage célèbre, mais ce lien familial perd tout son sens si l’on est incapable de le prouver.