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	<title>Coutumes et Traditions &#187; Vieux métiers</title>
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	<description>Vos ancêtres au cours des années 1600 et 1700</description>
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		<title>Le serrurier</title>
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		<comments>http://www.coutumes-et-traditions.fr/vieux-metiers/le-serrurier/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 02 Jun 2010 11:54:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Claude Altayrac</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autour du métal]]></category>
		<category><![CDATA[Vieux métiers]]></category>

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		<description><![CDATA[Description du métier de serrurier
<p style="text-align: justify;">Le métier de serrurier ne se limitait pas à la fabrication de clés ou de serrures. De part ses compétences métallurgiques, il était capable de forger et de réaliser des [<a href="http://www.coutumes-et-traditions.fr/vieux-metiers/le-serrurier/">Lire la suite</a>]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2>Description du métier de serrurier</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le métier de serrurier</strong> ne se limitait pas à la fabrication de clés ou de serrures. De part ses compétences métallurgiques, il était <strong>capable de forger</strong> et de réaliser des ouvrages beaucoup plus imposants. De manière non exhaustive, nous pourrions citer :</p>
<div class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><img title="Frappe de Porte" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/serrurier/frappe-de-porte.jpg" alt="une réalisation de serrurier" width="200" height="267" /><p class="wp-caption-text">L&#39;une des réalisations d&#39;un serrurier</p></div>
<ul>
<li>Les ouvrages en fer servant à la solidité des bâtiments (fermes, potences, charpentes…)</li>
<li>Les grilles, balcons et autres réalisations servant à la sûreté des bâtiments et de ses habitants</li>
<li>Les essieux, ressorts de voitures et équipages</li>
<li>Les sonnettes et les accessoires (renvois, fils, poignées&#8230;)</li>
<li>Les objets de décoration et d&#8217;ornementation (dessus de grilles, ferronnerie d’art&#8230;)</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Et bien entendu, <strong>toutes sortes de serrures</strong> pour la fermeture des maisons, portes, coffres,armoires ou objets en tous genres.</p>
<p style="text-align: justify;">Par l’appellation de serrurier se cache donc <strong>un métallier, un ferronnier d’art et un chaudronnier</strong> (dans sa définition contemporaine). Par ailleurs, la plupart des entreprises métallurgiques de notre époque sont souvent dénommée <strong>chaudronnerie et serrurerie industrielle.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il existait également des <strong>« serruriers en cuivre »</strong>, appelés aussi boîtiers, car ils confectionnaient plus particulièrement des petites serrures et boites pour les meubles et objets en tous genres.</p>
<h2>Statuts &#8211; historique</h2>
<div class="wp-caption alignleft" style="width: 260px"><img title="Travestissement du XVIIIème d'après Valck" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/serrurier/serrurier.jpg" alt="Habit de Serrurier. " width="250" height="345" /><p class="wp-caption-text">Travestissement du XVIIIème siècle - Habit de serrurier</p></div>
<p style="text-align: justify;">L’art de travailler le fer est <strong>millénaire</strong> et les hommes ont très vite appris à maitriser et à travailler cette matière à la fois <strong>malléable à haute température</strong> et solide une fois refroidie.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous pouvons retrouver quelques traces des <strong>statuts des serruriers</strong> dans le livre des métiers d’Etienne Boileau, datant du XIIIe siècle. Dans cet ouvrage, Boileau en donne <strong>les 9 articles</strong>, dont le dernier stipulait que « Li Serreurier ne doivent rien de chose qu’il vende ou achete, apartenant a son mestier » ce qui signifiait que le serrurier <strong>ne payait pas d’impôts</strong> ni de taxes sur leur travail réalisé.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce statut est d’ailleurs repris et confirmé par Charles VI dans des lettres datant de fin 1411, dont voici un extrait.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Lettres de Charles VI qui portent que les Serruriers de Paris, continueront d’être exempts de droits d’Aides, sur les marchandises concernant leur métiers, qu’ils acheterons et qu’ils vendrons.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Charles, &amp;c. Savoir faisons à tous presens &amp; avenir… Savoir faisons que l’an de grace mil CCCC &amp; unze, le Lundi XXIe jour de Septembre, à la requête de Pierre Dauslun, Serrurier, demourant à Paris, seisme extraire de certain Registre ancien transcript ès Registres de la Court du Chastellet de Paris, pieça fait sur le mestier des Serruriers de ladictte Ville, certaine clause contenue oudit ancien Registre, de laquelle la teneur s’ensuit.<br />
Les Serruriers ne doivent riens de chose qu’ils vendent ne achetent, appartenante à leur metier.<br />
En temoing de ce, nous avons fais mettre à ce présent Extrait le Séel de ladicte Prévoté de Paris. Ce fut fait l’an &amp; le jour de Lundi dessusdit…</em></p>
<p style="text-align: justify;">L’une des règles du travail de serrurier lui <strong>interdisait de travailler de nuit</strong>, pour cause de faible éclairage ainsi que des <strong>soupçons</strong> qu’il pouvait éveiller, dû à l’aspect « sécuritaire » de son métier. Une autre, fondamentale, était que le serrurier <strong>ne pouvait fabriquer ou recopier une clé</strong> sans avoir la serrure correspondante sous les yeux. Cette mesure, qui peut ne pas sembler suffisamment sécuritaire, avait le mérite d’éliminer le risque de <strong>falsification</strong> ou de duplication de clé sur une empreinte que n’importe qui pouvait donner au serrurier.</p>
<p style="text-align: justify;">A l’époque de Boileau, <strong>l’apprentissage du métier</strong> durait 7 ans si l’apprenti apportait la somme de 20 sous, 8 ans s’il n’apportait rien du tout. Une fois le futur serrurier formé, il devait acheter <strong>son droit d’exercer</strong> 5 sous et prêter serment avant de pouvoir « touchier au mestier » et payer 6 deniers d’impôts annuels (il s’agit d’une continuation au droit d’exercer et non pas une taxe sur ses objets fabriqués).</p>
<h2>Un savoir-faire métallurgique sans pareil</h2>
<h3>Maîtriser son foyer</h3>
<div class="wp-caption alignright" style="width: 260px"><img title="Une forge" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/serrurier/forge.jpg" alt="Un foyer de forge" width="250" height="380" /><p class="wp-caption-text">Un foyer de forge - Remarquez la présence de l&#39;eau a droite du foyer</p></div>
<p style="text-align: justify;">En bon métallurgiste, le serrurier connaissait <strong>les différentes températures</strong> à donner au fer pour le rendre plus dur, le travailler facilement ou le recuire après forgeage pour le rendre moins cassant. Avoir un bon foyer était essentiel pour <strong>obtenir la température désirée</strong> et la qualité du charbon en dépendait beaucoup.</p>
<p style="text-align: justify;">Le serrurier choisissait donc <strong>son charbon en conséquence</strong>. Les mines de Newcastle en Angleterre, St-Etienne du Forez ou Moulins en France donnait de <strong>l’excellent charbon</strong>, mais se consumant très rapidement. Tout était <strong>affaire de dosage</strong> entre du charbon d’excellente qualité et de qualité moindre pour avoir une chauffe stable, performante, sans qu’il se consume trop rapidement, tout en <strong>préservant le fer</strong> de la corrosion due aux particules indésirables présentes dans le minerai.</p>
<h3>Connaître le fer</h3>
<p style="text-align: justify;">Le métier de serrurier, outre son habileté à concevoir et réaliser divers objets en métal était avant tout <strong>un métallurgiste confirmé</strong> : d’un seul coup d’œil, il pouvait déterminer la qualité des différentes barres de fer qu’il commandait auprès des marchands.</p>
<p style="text-align: justify;">Le serrurier se renseignait également sur la provenance de sa matière première. Certaines mines, comme celles de la Lorraine, produisait du métal de première qualité, tandis que les <strong>mines de Champagne et de Bourgogne</strong> produisaient un minerai plutôt cassant.</p>
<p style="text-align: justify;">Un rapide examen de la surface de la barre sortie des forges lui indiquait si le métal était <strong>doux ou dur</strong> (il parlait alors de fer « aigre ») car ces deux types de métaux ne devaient pas être travaillé ni chauffé de la même manière.<br />
Trop dur, le métal était de mauvaise qualité et se travaillait difficilement. Pour éliminer ce type de barres, le serrurier la soulevait par un bout et la <strong>jetait par terre</strong>. Si le métal était mauvais, la barre se cassait très facilement. Ce test existe encore aujourd’hui (de manière améliorée, voir anecdotes).</p>
<p style="text-align: justify;">Très fréquemment, il <strong>fendait la barre en deux</strong> pour en observer le grain et la couleur de la cassure. Ce test, infaillible pour déduire <strong>la ductilité et la fragilité</strong> d’un fer, permettait au serrurier d’attribuer une future utilisation à sa matière première : les fers doux, plus facile à travailler et moins fragiles, feront de très belles <strong>pièces de résistance</strong> tandis que les fers les plus durs serviront surtout aux <strong>pièces d’usure</strong>, très résistantes aux frottements.</p>
<h2>Quelques outils du serrurier</h2>
<div class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><img title="Outils du serrurier" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/serrurier/outils.jpg" alt="Outils du serrurier" width="200" height="428" /><p class="wp-caption-text">Outils du serrurier</p></div>
<ul>
<li><strong>L’enclume à une ou deux bigornes</strong> : pour positionner, forger et donner la forme définitive des morceaux de métal chauffés. Les bigornes sont les pointes de l’enclume</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>La becquette plate</strong> : pince assez mince, terminée en arc de cercle, permettant de tenir et manier les pièces délicates (fig. 23)</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>L&#8217;auge de pierre</strong> : ce n’est pas un outil proprement dit, mais un récipient rempli d’eau qui était disposé à côté du foyer. L&#8217;eau servait à arroser et donc stabiliser le feu pour le garder à une température constante (ou pour l&#8217;abaisser)</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>Les forêts et archers</strong> (fig 57 et 59) : pour perçer les trous. L&#8217;archet, positionné sur la poulie du forêt, permettait de le faire tourner pour usiner le métal (à la manière de la corde et du bout de bois pour allumer un feu dans Koh-Lanta !).</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>La cloutière</strong> : sorte d’étau dans lequel était fixé la tige d’une future vis. L’empreinte de la tête de la vis était obtenue par frappe d’un poinçon avec la forme désirée sur un bout de la tige.</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>La langue de carpe</strong> : poinçon en forme de losange (fig. 4), utilisé pour pré-percer les trous à chaud. Le serrurier frappait sur la langue de carpe, positionné sur la métal rouge pour pratiquer une ouverture dans ce dernier afin de faciliter le travail des forêts et limes. L’avantage du perçage à chaud est que l’opération est plus rapide, mais une déformation du métal s’en suit et les trous formés ne sont pas aussi réguliers qu’un perçage à froid.</li>
</ul>
<ul>
<li>Limes de différentes grosseurs , étaux, pinces de toutes formes &#8230;</li>
</ul>
<h2>Deux anecdotes sur les serruriers</h2>
<div class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img title="Dessus de Grille" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/serrurier/grille.jpg" alt="Dessus de Grille" width="300" height="184" /><p class="wp-caption-text">Une autre réalisation : les dessus de grilles</p></div>
<p style="text-align: justify;">- En Côte d’Or, il n&#8217;y a pas si longtemps que cela, <strong>la mésange charbonnière</strong> était parfois appelée « serrurier », à cause de <strong>son cri</strong> qui ressemble au bruit désagréable d’une lime qui attaque le métal.</p>
<p style="text-align: justify;">- Le test de la barre que l’on lançait à terre existe encore de nos jours, sous une autre forme. Dénommée <strong>test de résilience, ou essai de flexion par choc</strong>, cette épreuve mécanique est très employée dans l’industrie métallurgique actuelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle est réalisée avec un appareil appelé <strong>Mouton de Charpy</strong> : le principe est de projeter une masse contre une éprouvette de métal et enregistrer l’effort nécessaire pour la casser. Plus le métal est dur et fragile, plus la puissance nécessaire pour briser le métal sera moindre.</p>
<h2>Iconographie</h2>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Outils : DUHAMEL DU MONCEAU, Henri-Louis. <em>Art du serrurier.</em> Extraits des planches I et III</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Habit de serrurier : SEBILLOT, Paul. <em>Légendes et curiosités des métiers. </em> Gravure p. 25 de la section du serrurier</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Photographies : porte d&#8217;une habitation de Menotey (Jura-39), foyer de la forge des Haras de Besançon (Doubs-25), grille d&#8217;entrée du château de Pierre-de-Bresse (Saône-et-Loire-71). Photos Claude Altayrac &amp; Aline Aublé</li>
</ul>
<h2>Bibliographie</h2>
<div class="wp-caption alignright" style="width: 160px"><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2851010972?ie=UTF8&amp;tag=educanin-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2851010972" target="_blank"><img title="L'art de la forge" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/livres/livre-forge.jpg" alt="L'art de la forge" width="150" height="211" /></a><p class="wp-caption-text">Un superbe livre sur la forge</p></div>
<ul>
<li style="text-align: justify;">BOILEAU, Etienne. <em>Les métiers et corporations de la ville de Paris : XIIIe siècle. Le livre des métiers d&#8217;Étienne Boileau / publié par René de Lespinasse et François Bonnardot&#8230;</em> Paris : Imprimerie Nationale, 1879. CLIV-420 p. : fac-sim. ; gr. in-4</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">DIDEROT, Denis. <em>Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, par une Société de gens de lettre, mis en ordre par Diderot ; et quant à la partie mathématique par d’Alembert, avec les planches, les supplements et la table analytique et raisonné des matières.</em> Paris : [s.n.], 1751-1780. 35 vol. ; in-2°</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">DUHAMEL DU MONCEAU, Henri-Louis. <em>Art du serrurier.</em> [s.l] : De l&#8217;impr. de L. F. Delatour, 1767. 302 p.-XLII f. de pl. ; in-folio</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">SEBILLOT, Paul. <em>Légendes et curiosités des métiers.</em> Paris : E. Flammarion DL 1894-1895, 20 parties en 1 vol. (730 p.) : ill. ; gr. in-8</li>
</ul>
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		<title>Le charron</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Mar 2010 13:50:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Claude Altayrac</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autour du bois]]></category>
		<category><![CDATA[Vieux métiers]]></category>

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		<description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">&#171;&#160;Un mauvais charron fait un bon charpentier&#160;&#187; (proverbe anglais)</p>
<p style="text-align: justify;">
<p class="wp-caption-text">Atelier de Charron (Encyclopédie de Diderot)</p>
<p style="text-align: justify;">Le charron est un artisan estimé qui fabrique des charrettes et autres moyens de roulage, avec [<a href="http://www.coutumes-et-traditions.fr/vieux-metiers/le-charron/">Lire la suite</a>]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><strong>&laquo;&nbsp;Un mauvais charron fait un bon charpentier&nbsp;&raquo;</strong></em> (proverbe anglais)</p>
<p style="text-align: justify;">
<div class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><img title="Atelier de Charron (Encyclopédie de Diderot)" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/charron/charron.jpg" alt="L'atelier du charron" width="300" height="172" /><p class="wp-caption-text">Atelier de Charron (Encyclopédie de Diderot)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Le charron est un artisan estimé qui fabrique des charrettes et autres moyens de roulage, avec une spécialité : la fabrication et réparation des roues. C’est à son habileté et dextérité à fabriquer ces dernières et aux opérations particulières qu’elles entraînaient que le charron devait sa renommée.</p>
<p style="text-align: justify;">Il participe également à la fabrication des chariots, fourgons, carrosses, mais son travail ne se limite qu’à la fabrication des trains et des roues. Son statut d’excellent ouvrier le plaçait au dessus des charpentiers et il n’est pas rare qu’il fasse tous les travaux de réparation et de couverture d’une maison.</p>
<p style="text-align: justify;">Les charrons de Paris, dont le statut fut officiellement reconnu par Louis XIV en 1668, faisaient partie de la corporation des &laquo;&nbsp;charrons, carrossier, faiseurs et entrepreneurs de carrosses, coches, litières, brancards, calèches et autres attirails&nbsp;&raquo;. Leur métier était très encadré et les autres artisans travaillant le bois ne pouvaient s’approprier le travail du charron. &laquo;&nbsp;Défense aux tourneurs d’entreprendre sur l’art de charron ; ils feront seulement les pièces tournées&#8230; Défense aux bourreliers bâtiers de rien entreprendre du métier de charron.&nbsp;&raquo; Extrait des lettres patentes de Louis XIV confirmant les statuts des charrons de Paris en 50 articles en date du 14 mars 1668, enregistrées le 20 novembre de la même année.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Description du métier de charron</h2>
<p style="text-align: justify;">
<div class="wp-caption alignleft" style="width: 210px"><img title="Une charrette réalisée par un charron" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/charron/charrette.jpg" alt="Une charrette réalisée par un charron" width="200" height="96" /><p class="wp-caption-text">Une charrette</p></div>
<p>Le charron travaillait essentiellement durant les périodes ou les travaux des champs étaient plus intense (labour, semailles, moisson&#8230;) : les chariots, charrettes ou autres charrues étaient mis à rude épreuve et les roues se brisaient plus qu’a l’accoutumée.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est pendant l’hiver et la saison creuse que le charron fabriquait les roues et divers éléments constituant une charrette. Il arpentait aussi les forêts pour y repérer les arbres dont il allait se servir les prochaines années.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Le choix du bois</h3>
<p style="text-align: justify;">Le charron, avant d’être un ouvrier hors pair, est tout d’abord un bon observateur. D’un seul coup d’oeil il savait juger si un arbre avait les qualités requises pour réaliser son ouvrage, arbre dont il choisissait l’essence en fonction des pièces à réaliser :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">
<div class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><img title="Arbres débités en grumes" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/charron/arbres.jpg" alt="Arbres débités en grumes" width="200" height="136" /><p class="wp-caption-text">Arbres débités en grumes</p></div>
<ul>
<li>L’orme ou orme tortillard (beaucoup plus noueux) est un bois solide qui a la propriété de ne pas se fendre facilement. Il est utilisé pour la fabrication du moyeu, pièce maitresse de la roue et les jantes.</li>
</ul>
<ul>
<li>Le chêne est utilisé pour les parties travaillant beaucoup et exigeant une résistance à toute épreuve, comme les rais.</li>
</ul>
<ul>
<li>Le frêne ou le hêtre pour les parties moins importantes.</li>
</ul>
<ul>
<li>Le charme était aussi utilisé dans les régions ou l’orme était rare pour réaliser les essieux et autres pièces où ce dernier était utilisé.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Les arbres repérés sont abattus en hiver, une fois les dernières montées de sèves faites. Ils sont ensuite débités, puis mis à sécher soit en planches soit en grumes pendant quatre ou cinq années, ce qui permettait d’éliminer le mauvais bois qui se fendait pendant ces années de séchage (le grume étant le tronc entier de l’arbre , servant pour toutes les parties sensibles de l’ouvrage, comme les roues ou les moyeux.)</p>
<h3 style="text-align: justify;">La réalisation de la roue</h3>
<p style="text-align: justify;">C’est ici que l’art du charron prenait toute sa substance. Une fois les bois bien sec et rentrés, il commencait à les travailler et les tailler, mais toujours dans le coeur, pour qu’il n’y ait aucun aubier pouvant fausser la roue ou la fragiliser : dans la partie intérieure, les rais pouvaient le faire éclater, rendant le rai inutile ; à l’extérieur, celui-ci se tasserait et le pourtour de la roue ne serait plus circulaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour l’époque, l’aubier était &laquo;&nbsp;une couronne ou ceinture plus ou moins épaisse de bois blanc, imparfait, qui dans presque tous les arbres se distingue aisément du bois parfait qu’on appelle le coeur, par la différence de couleur et de sa dureté. Elle se trouve directement sous l’écorce et enveloppe le bois parfait, qui dans les arbres sains est à peu près tout de la même couleur, depuis la circonférence jusqu’au centre&nbsp;&raquo; (Encyclopédie de Diderot).</p>
<p style="text-align: justify;">
<div class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><img title="Moyeux de charrettes" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/charron/moyeux.jpg" alt="Moyeux de charrettes" width="200" height="119" /><p class="wp-caption-text">Moyeu plein et en coupe</p></div>
<p style="text-align: justify;">Le moyeu, quant à lui, était réalisé en un seul morceau, l’axe central et les logements servant a accueillir les raies étant réalisé avec des outils spéciaux et adaptés. Toutefois, la taille de ces logement suivait une règle bien précise et essentielle pour que le chariot puisse bien rouler et porter sa charge : ils n’étaient par percés perpendiculairement à l’axe du moyeu, mais avec une légère inclinaison. Cela donnait de la solidité à la roue et permettait à celle-ci d’éviter le déjantage, cette inclinaison est appelée l’écuanteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Le fondement de cette règle est simple : la traction de la charrette chargée engendre un effort dans l’essieu qui a tendance à chasser le moyeu vers l’extérieur. D’autres forces naissent alors dans les rais pour contrecarrer cet effort. Si les rais sont droites, elles ont tendances à être poussées vers l’extérieur et peuvent se déboîter de la roue et amener le déchaussement de celle-ci. Au contraire, si les rais sont légèrement inclinés vers l’extérieur, le moyeu, toujours chassé dans la même direction, provoque une force qui compresse les rais dans les logements de la roue : celle-ci ne se déchausse plus. Mathématiquement, l’écuanteur est tout simplement le sinus de l’angle formé par les rais et la verticale.</p>
<p style="text-align: justify;">
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><img title="Ecuanteur et dévers" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/charron/ecuanteur.jpg" alt="Ecuanteur et dévers" width="500" height="229" /><p class="wp-caption-text">Principe de l&#39;écuanteur et du dévers</p></div>
<p style="text-align: justify;">De plus, le charron taillait son moyeu de telle manière à lui donner une légère inclinaison par rapport à la route : le dévers. L’effet combiné du dévers et de l’écuanteur assistait les roues dans les mouvements de va-et-vient latéraux du chariot, provoqués par la démarche des bêtes attelées. Cet effet donnait une résistance accrue au chariot. Toutefois, les ouvrages de l’époque consultés ne font pas mention de cette notion de dévers. Il est donc fort probable que celle-ci soit apparue bien plus tard.</p>
<h3 style="text-align: justify;">L&#8217;embattage ou frettage</h3>
<p style="text-align: justify;">Une fois tous les éléments de la roue assemblés, une ultime opération était nécessaire pour que la roue soit totalement terminée, l’embattage (ou le frettage). L’embattage consiste à entourer la roue d’un ou de plusieurs morceaux de métal, pour donner à celle-ci solidité et cohésion. Le fer découpé en une ou plusieurs parties était chauffé au rouge à l’aide d’un brasier extérieur, que l’on entretenait jusqu’à obtention de la température souhaitée, ou plutôt de la dilatation souhaitée. Celui-ci était alors posé sur la jante, fixé et arrosé copieusement d’eau : sous l’effet du choc thermique, le fer se rétractait et resserrait la roue sur elle-même. La fixation du métal et les éventuels derniers coup de masse étaient alors donnés pour corriger les derniers défauts.</p>
<p style="text-align: justify;">
<div class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><img title="Le frettage et l'embattage chez le maréchal" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/charron/embattage.jpg" alt="Le frettage et l'embattage chez le maréchal" width="300" height="208" /><p class="wp-caption-text">L&#39;embattage</p></div>
<p style="text-align: justify;">Cette opération devait se dérouler assez rapidement, d’une part pour éviter que le bois ne se consume sous l’effet de la chaleur, et d’autre part pour éviter que le métal ne refroidisse trop vite et soit mal ajusté à la jante. Si le cercle de métal était trop grand, la roue était mal serrée et se désolidarisait, s’il était trop court, la roue subissait de telles contraintes qu’elle explosait littéralement au premier choc. Cette opération était le plus souvent réalisée chez le maréchal grossier, à ne pas confondre avec le maréchal ferrand. Le premier effectue des travaux de forge grossiers et imposant, tandis que l’occupation principale du second est de ferrer les chevaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Au final, la réalisation d’une charrette entière prenait une année complète, due au fait que la fabrication des roues s’étalait sur plusieurs saisons : fabrication en hiver et embattage en été, pour que le bois aie bien eu le temps de sécher. C’était un temps incompressible si l’on voulait obtenir un bon ouvrage, qui puisse tenir la distance et le temps.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Quelques outils propre au charron</h3>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Evidoir ou evuidoir : outil ou plutôt étau qui servait à maintenir fermement ensemble toutes les pièces de bois qui feront les jantes.</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Cognée : sorte de hache tranchante d’un seul côté, qui permettait au charron de fendre le gros bois et d’ôter le bois superflu de leur pièce.</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Essette : Hache courbe dont le tranchant est horizontal, pour permettre de façonner et creuser le pièces de bois qui feront les jantes.</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Chèvre : c’est une sorte de double croix de saint andré, reliées au milieu par un bout de bois, pour permettre au charron d’y poser des troncs à scier (petite chèvre) ou à bloquer les essieux des charrettes, pour pouvoir tourner librement les roues (grande chèvre).</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Tarrières et amorçoirs : outils servant à perçer et aléser des trous de grande dimension dans les jantes et les moyeux des roues.</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Ceintre : règle percée à une extrémité, qui était fixée au centre du moyeu et qui servait à donner la même dimension à toutes les raies pour qu’elles soient correctement emmanchées dans les jantes.</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Plane : outil ayant la même fonction d’un rabot. Il était composé d’un morceau de fer tranchant au milieu et recourbé aux deux extrémités pour en faire des poignées. Cet outil servait à aplanir le bois.</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Mouillet : ou porte-moyeu permettait d’y fixer celui-ci pour un bon guidage en rotation en vue de repérage et d’usinage des logements de rais.</li>
</ul>
<h2 style="text-align: justify;">Bibliographie</h2>
<ul>
<li style="text-align: justify;">BAUDEAU, Nicolas. Encyclopédie méthodique. Commerce. Liège : Plomteux, 1783. 3 t. (XXX-[2]-766 p. ; [4]-798 p., 3 f. de pl. dépl. (tableaux) ; [4]-831-[1 bl.]-XVI p.) ; in-4</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">BRILLANT, Abbé. Dictionnaire universel françois-latin, avec des remarques d’érudition et de critiques. (7ème et dernière édition). Paris : [s.n], 1771. 8 vol. in-2°</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">DIDEROT, Denis. Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, par une Société de gens de lettre, mis en ordre par Diderot ; et quant à la partie mathématique par d’Alembert, avec les planches, les supplements et la table analytique et raisonné des matières. Paris : [s.n.], 1751-1780. 35 vol. ; in-2°</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">DUHAMEL DU MONCEAU, Henri-Louis. De l’exploitation des bois, ou Moyens de tirer un parti avantageux des taillis, demi-futaies et hautes futaies, et d’en faire une juste estimation&#8230;, Paris : Guérin, 1764. 2 vol. (XLVII-430, XIV-705 p.) : planches ; in-4°</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">MACQUER, Philippe. Dictionnaire raisonné universel des arts et métiers, contenant l’histoire, la description, la police des fabriques et manufactures de France et des pays étrangers revue et mise en ordre par M. l’abbé Jaubert. Lyon : Leroy, 1801. 4 vol. ; in-8</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">SEBILLOT, Paul. Légendes et curiosités des métiers. Paris : E. Flammarion DL 1894-1895, 20 parties en 1 vol. (730 p.) : ill. ; gr. in-8</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">SEYMOUR John. Métiers oubliés. Paris : Chêne, 1985. 187p. : ill. en noir et en coul. ; 29 cm. ISBN 2-85108-392-9.</li>
</ul>
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