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	<title>Coutumes et Traditions &#187; Vieux métiers</title>
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	<description>Vos ancêtres au cours des années 1600 et 1700</description>
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		<item>
		<title>La sage-femme ou matrone</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Feb 2011 15:35:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Claude Altayrac</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autour de l'humain]]></category>
		<category><![CDATA[Vieux métiers]]></category>

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		<description><![CDATA["Tu enfanteras dans la douleur..." (Genèse 3.16). "La sage-femme aidera à te les rendre moins pénible" pourrait-on rajouter à ce passage biblique.
La sage-femme d’autrefois, appelée aussi matrone, éventuellement "mère tire-monde", possède les même attributions que le métier d’aujourd’hui : aider les femmes a mettre au monde leur enfant.
 ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><img title="Là où tout se joue" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/sage-femme/grossesse.jpg" alt="Là où tout se joue" width="300" height="200" /><p class="wp-caption-text">Là où tout se joue</p></div>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>&laquo;&nbsp;Tu enfanteras dans la douleur&#8230;&nbsp;&raquo;</strong></em> (Genèse 3.16). <em>&laquo;&nbsp;La sage-femme aidera à te les rendre moins pénible&nbsp;&raquo;</em> pourrait-on rajouter à ce passage biblique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La sage-femme d’autrefois</strong>, appelée aussi <strong>matrone</strong>, éventuellement &laquo;&nbsp;mère tire-monde&nbsp;&raquo;, possède les même attributions que le métier d’aujourd’hui : aider les femmes a mettre au monde leur enfant.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutefois, une différence existe entre ce savoir-faire des deux époques, caractérisée par le <strong>niveau de connaissances</strong> acquis pour exercer leur art mais surtout par les méthodes utilisées pour arriver à libérer la femme enceinte : <strong>les instruments et médicaments sont rares au 18ème siècle !</strong></p>
<h2>Qui est-elle ?</h2>
<p style="text-align: justify;">De nombreux ouvrages sur l’obstétrique et les accouchements définissent avec une <strong>précision quasi-militaire</strong> le caractère physique, moral et mental d’une matrone « idéale ».</p>
<p style="text-align: justify;">A titre, d’exemple, voici ce que conseille Henry De Deventer, docteur en Médecine, dans ses &laquo;&nbsp;observations importantes sur le manuel des accouchemens&nbsp;&raquo;, daté de 1733 : &laquo;&nbsp;… Les dispositions corporelles nécessaires pour la pratique des accouchemens, sont, que le <strong>corps soit sain dans son tout et dans ses parties</strong> et qu’il n’y ait aucun des défauts qui peuvent empêcher l’opération : c’est pourquoi nous donnons <strong>l’exclusion</strong></p>
<ul>
<li>aux femmes d’un âge avancé (<em>qui peuvent manquer d’intelligence, de jugement, de mémoire et de force</em>)</li>
<li>a celles qui sont trop jeunes, aux filles et aux jeunes mariées</li>
<li>aux personnes faibles, maladives et languissantes</li>
<li>aux femmes trop épaisses et qui ont trop d’embonpoint (<em>la mobilité leur est plus difficile</em>)</li>
<li>a celles qui n’ont pas un usage libre de leurs mains et de leurs bras</li>
<li>aux femmes ayant un esprit lourd et obtus</li>
<li>aux femmes paresseuses et maladroites</li>
<li>a celles qui ne sont pas graves, sans sentiments vifs et sans agilité</li>
<li>a celles qui ne sont pas bienfaisante, obligeantes et compatissantes (<em>par appât du gain, certaines sages-femmes n’hésitent pas à laisser une femme pauvre en plein travail pour aller au chevet d’une autre plus riche</em>)</li>
<li>aux femmes qui n’ont pas de conscience ou qui ne craignent pas Dieu</li>
<li>aux femmes qui ignorent la douceur, la politesse et la patience</li>
<li>aux femmes enceintes</li>
<li>a celles qui ne sont pas sobres ni frugales&nbsp;&raquo;</li>
</ul>
<div class="wp-caption alignleft" style="width: 210px"><img title="Placement des mains pour l'accouchement" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/sage-femme/accouchement.jpg" alt="L'accouchement normal" width="200" height="215" /><p class="wp-caption-text">La position convenable de l'enfant<br />Planche de l'ouvrage de Mme du Coudray</p></div>
<p style="text-align: justify;">Bien que logiques et réfléchies, ces descriptions s’éloignent fortement de la réalité des campagnes du 17ème siècle.<br />
La sage femme est avant tout une <strong>femme d’expérience</strong>, donc mère d’une famille nombreuse. Les <strong>jeunes filles</strong> sont extrêmement rares dans ce métier. Lorsqu’elles existent, elles sont généralement <strong>très mal considérées</strong>, de part leur âge et leur inexpérience.<br />
Sa réputation se fait avant tout par bouche à oreilles, souvent suite à des délivrances difficiles qui se terminaient bien.</p>
<p style="text-align: justify;">Les matrones des campagnes agissent donc par instinct et par expérience. Les femmes en plein travail avaient pleinement confiance en elles (avaient-elles le choix, dans un monde rural réticent et méfiant de la médecine ?)</p>
<p style="text-align: justify;">Ce n’est qu’au milieu du 18ème siècle qu’une célèbre sage-femme, <strong>Mme du Coudray</strong>, sillonne les villages de France pour <strong>former les matrones</strong> des campagnes, beaucoup moins bien savantes que leurs consoeurs des villes. Elle leur inculque les notions nécessaires <strong>d’anatomie</strong> pour comprendre les processus de la <strong>grossesse</strong> ainsi que les gestes qui ne mettrons pas en péril la femme (et l’enfant) lors d’une mise au monde difficile.</p>
<p style="text-align: justify;">Son traité a l’avantage d’être spécialement <strong>adapté au monde rural</strong>, a la différence des autres ouvrages d’accouchements écrits par les médecins et accoucheurs de renom.</p>
<h2>Que fait la sage-femme ?</h2>
<p style="text-align: justify;">La sage-femme accompagne la future mère tout au long de la phase finale de la grossesse : l’accouchement.<br />
Lorsque les <strong>premières contractions</strong> se font sentir, la femme ordonne d’aller chercher la matrone. Une fois sur place, cette dernière lui <strong>dispense de précieux conseils</strong>, rassure et prépare la future mère à l’accouchement. Elle lui indique la <strong>meilleure position</strong> possible pour enfanter, surveille la perte des eaux et les contractions suivantes.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 410px"><img title="Planche anatomique montrant le placenta" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/sage-femme/enfant.jpg" alt="Planche anatomique montrant le placenta" width="400" height="263" /><p class="wp-caption-text">Planche anatomique montrant le placenta</p></div>
<p style="text-align: justify;">Lorsque l’enfant parait, elle continue à lui prodiguer des conseils rassurants, l’aidant à la mise au monde si besoin est. C’est ici que les véritables et <strong>plus douées des sages-femmes se démarquent</strong>. Non pas par le fait d’aider la femme le plus efficacement possible, mais plutôt d’accepter ses limites dans les cas d’accouchement difficile et d’envoyer chercher <strong>le chirurgien ou l’accoucheur</strong> le plus proche.</p>
<p style="text-align: justify;">Le fait de tout tenter – parfois au dépit du bon sens – pour arriver à ses fins, vouait l’enfant ainsi que sa mère à une mort certaine. C’est probablement le <strong>plus grand défaut des matrones</strong> d’autrefois. Par ailleurs, tous les manuels à l’usage des accoucheuses de campagne y font allusion. Dans la description de la sage-femme « idéale » il est mentionné qu’elle doit savoir garder l’esprit clair et <strong>reconnaître ses limites</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Jugez plutôt : <em>&laquo;&nbsp;Les Sages femmes on si peur que les chirurgiens leur otent leur  pratique ou de paraître ignorantes devant eux qu’elle aimes mieux tout  risquer, que de les envoyer quérir dans la nécessité. Quelques autres  sont si présomptueuses qu’elles croyent être aussi capable qu’eux de tout  entreprendre.&nbsp;&raquo;</em> (Mauriceau, Traité des maladies des femmes grosses). <em>&laquo;&nbsp;Elle ne doit pas être entêtée et s’en remettre à l’avis d’un médecin ou accoucheur si elle se sent démunie&nbsp;&raquo;</em> (De Deventer, Observations importantes sur le manuel des accouchemens).</p>
<p style="text-align: justify;">Une fois le nouveau-né sorti du ventre de sa mère, elle lui prodigue les premiers soins, lui ligature et lui <strong>coupe le cordon ombilical</strong>, libère la femme de l’arrière-faix, autre nom donné au <strong>placenta</strong>. Elle frictionne l’enfant, l’enveloppe dans un linge, aide la mère à se remettre de son accouchement en la nourrissant et l’accompagnant quelques heures après son effort.</p>
<h2>Ses &laquo;&nbsp;instruments&nbsp;&raquo;</h2>
<div class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><img title="Les instruments réservés aux médecins" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/sage-femme/instruments.jpg" alt="Les instruments réservés aux médecins" width="200" height="317" /><p class="wp-caption-text">Les instruments réservés aux médecins</p></div>
<p style="text-align: justify;">Les &laquo;&nbsp;outils&nbsp;&raquo; propre à la matrone se limitent à peu de choses : <strong>une paire de mains</strong>. Les crochets, forceps ou autres instruments anatomiques sont réservés aux chirurgiens et accoucheurs.<br />
C’est pour cela que ses mains se doivent d’être les plus douces possible, tout en étant fortes à la fois. Le vieil adage &laquo;&nbsp;une main de fer dans un gant de velours&nbsp;&raquo; pourrait très bien s’appliquer à ce métier.<br />
<strong>Petites, habiles, fines, musclées</strong> mais surtout sûres, tels sont les qualificatifs qui caractérisent les mains des sages-femmes.</p>
<p style="text-align: justify;">Jacques Guillemeau dans son ouvrage &laquo;&nbsp;<em>De la grossesse et accouchement des femmes</em>&nbsp;&raquo; (1621) précise même qu’elles ne doivent pas porter de bracelets et d’avoir les <strong>ongles nets et court</strong>s lorsqu’elles pratiquent.<br />
Ce détail peut sembler anodin mais il se fonde sur une pratique courante : certaines sages-femmes <strong>perçaient la poche</strong> des eaux pour précipiter l’accouchement et aller se rendre plus rapidement auprès d’une autre femme. Cette précision était donc nécessaire pour éviter des accidents malheureux.</p>
<h2 style="text-align: justify;">L’ondoiement</h2>
<p style="text-align: justify;">Outre ce contact physique que la matrone avait avec la femme enceinte, il arrivait que celle-ci aie une <strong>relation</strong> beaucoup plus <strong>spirituelle</strong> avec le nouveau-né. Lorsque l’accouchement se passait mal, ou que l’enfant était en danger de mort, la sage-femme avait <strong>le pouvoir de l’ondoyer</strong>, c&#8217;est-à-dire de le baptiser. Le dogme catholique, connu de tous, précise que l’être vivant <strong>ne pouvait accéder au Paradis sans avoir reçu le baptême</strong>. Ce geste était donc d’une importance capitale dans des siècles dominé par la religion.<br />
L’ondoiement pouvait se donner de multiples manières : <strong>contact</strong> avec une partie du nouveau-né avec le coude, ou le genou de <strong>la sage-femme</strong>, aspersion d’eau bénite -avec ou sans seringue… Si l’enfant survivait, ce <strong>baptême</strong> était alors <strong>confirmé par le curé</strong>, qui parle alors d’un enfant ondoyé ou <strong>&laquo;&nbsp;baptisé sous condition par la sage-femme&nbsp;&raquo;</strong> dans ses registres paroissiaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Les médecins ou accoucheurs pouvaient également ondoyer le nouveau-né, mais les ouvrages d’obstétrique ne parlent que très rarement de ce geste spirituel.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Bibliographie</h2>
<ul>
<li>BOURSIER DU COUDRAY (Le), Angélique. <em>Abrégé de l&#8217;art des accouchements</em>. Abbeville : Pintia, 1759.</li>
</ul>
<ul>
<li>BOURSIER DU COUDRAY (Le), Angélique. <em>Abrégé de l&#8217;art des accouchements. Nouvelle édition, enrichie de figures en taille-douce enluminées</em>. Saintes : chez Pierre Toussaints, 1769.</li>
</ul>
<ul>
<li>DEVENTER (De), Henry. <em>Observations importantes sur le manuel des accouchemens</em>. Paris : chez Guillaume Cavelier, 1733.</li>
</ul>
<ul>
<li>GUILLEMEAU, Jacques. <em>De la grossesse et accouchement des femmes</em>. Paris : chez Abraham Pacard, 1621.</li>
</ul>
<ul>
<li>LOUX, Françoise. <em>Le corps dans la société traditionnelle française</em>. Paris : Berger-Levrault, 1979.</li>
</ul>
<ul>
<li>MAUQUEST DE LA MOTTE, M. <em>Traité complet des accouchemens naturels, non naturels et contre nature</em>. Paris : chez Laurent d&#8217;Houry, 1722.</li>
</ul>
<ul>
<li>MAURICEAU, François. <em>Traité des maladies des femmes grosses, et de celles qui sont accouchées, enseignant la bonne et véritable méthode pour bien aider les femmes en leurs accouchemens naturels…3ème édition</em>. Paris : chez l&#8217;auteur, 1681.</li>
</ul>
<h2>Pour aller plus loin</h2>
<p><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2035843596?ie=UTF8&#038;tag=educanin-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=6746&#038;creativeASIN=2035843596" target="_blank"><img alt="Petit Larousse de la grossesse" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/livres/livre-grossesse.jpg" title="Petit Larousse de la grossesse" class="alignleft" width="150" height="192" /></a></p>
<p><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2035843596?ie=UTF8&#038;tag=educanin-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=6746&#038;creativeASIN=2035843596" target="_blank">Petit Larousse de la Grossesse</a></p>
<p>Sous la direction du Dr Anne Théau</p>
<p>Aux éditions Larousse</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le savonnier</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2010 15:58:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Claude Altayrac</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autour de l'humain]]></category>
		<category><![CDATA[Vieux métiers]]></category>

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		<description><![CDATA[D’une manière générique, <strong>le savonnier est l’ouvrier qui produit du savon</strong> ou qui intervient dans son processus de fabrication, utilisé pour laver le linge ou pour faire sa toilette.
Comment faisait-on du savon au 18ème siècle ? Comment travaillait-il ? Quels ustensiles utilisait-il ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption alignright" style="width: 177px"><img title="Savons découpés" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/savonnier/savons.jpg" alt="Découpes de savons" width="167" height="250" /><p class="wp-caption-text">Savons découpés</p></div>
<p style="text-align: justify;">D’une manière générique, <strong>le savonnier est l’ouvrier qui produit du savon</strong> ou qui intervient dans son processus de fabrication, utilisé pour laver le linge ou pour faire sa toilette.</p>
<h2>Comment fait-on le savon au 18ème siècle ?</h2>
<p style="text-align: justify;">La fabrication du savon consiste en un <strong>processus assez simple:</strong> la transformation de graisses solides ou liquides par de la soude caustique. Ce processus, appelé <strong>saponification</strong>, est déjà connu par les chimistes du siècle des Lumières.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cette recette n’a pas évolué</strong> depuis des générations et les ingrédients de base nécessaires à sa réalisation restent toujours les mêmes.</p>
<h3>Les ingrédients</h3>
<ul>
<li><strong>L’huile ou la graisse</strong></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Il existe beaucoup de corps gras que l’on pouvait utiliser comme base du savon. <strong>Huiles végétales</strong> (colza, lin, noix, amande…) ou encore <strong>graisses animales</strong> (suif-gras de boeuf, saindoux-gras de porc) rentraient couramment dans sa composition. Mais le <strong>meilleur savon</strong> restait celui fabriqué avec de <strong>l’huile d’olive</strong>, déjà reconnue pour ses propriétés adoucissantes et exfoliantes.</p>
<ul>
<li><strong>La soude caustique</strong></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Inexistante à l’époque, la soude caustique était obtenue par <strong>transformation chimique d’une plante</strong> qui porte le même nom : <strong>la soude commune</strong>, également appelée herbe à soude, salicotte ou marie-vulgaire. Cette plante, riche en sel marin, réduite en cendres et <strong>associée à de la chaux</strong>, permettait d’obtenir une poudre que l’on mélangeait à de l’eau portée à ébullition.</p>
<p style="text-align: justify;">On obtenait alors une <strong>sorte de décoction</strong> que le savonnier appelait : <strong>« <em>la lessive</em> »</strong>. La bourde, la roquette de mer ou la potasse pouvaient également être employées pour obtenir la soude caustique.</p>
<h3>La fabrication</h3>
<div class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img title="Intérieur d'une savonnerie" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/savonnier/interieur-savonnerie.jpg" alt="Intérieur d'une savonnerie" width="300" height="225" /><p class="wp-caption-text">Intérieur d&#39;une savonnerie</p></div>
<p style="text-align: justify;">Pour amorcer le processus de saponification, <strong>les corps gras doivent être liquéfié</strong>s. Ils étaient donc chauffés dans de grandes cuves par d’importants brasiers. <strong>La lessive</strong> coulait le long d’un système de tuyauterie pour être <strong>déversée sur les huiles chaudes</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">La saponification commençait alors, aidée par une <strong>chauffe continuelle</strong> du mélange pendant plusieurs jours. Pendant cette phase, <strong>les ouvriers remuaient le mélange</strong> de temps à autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette méthode produisait beaucoup de déchets dus aux <strong>transformations chimiques</strong>, caractérisée par l’apparition de cendres à la surface du contenu des cuves. Les ouvriers se chargeaient de les <strong>enlever</strong> au fur et à mesure de leur apparition pour obtenir la pâte <strong>la plus propre possible</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Une fois la saponification complètement effectuée, le mélange subissait un <strong>refroidissement à l’air libre</strong>. Il était alors emmené dans une <strong>pièce dédiée au séchage</strong> puis débité en gros pains de savons, ultime opération d’une durée de <strong>15 jours à 3 semaines</strong> avant la mise en vente.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Nota :</strong> la longue durée de chauffe nécessaire à la saponification peut s’expliquer par la faible concentration en soude caustique de la « lessive ». A titre de comparaison, de nos jours, la fabrication du savon à froid avec des paillettes de soude caustique et l’utilisation d’un mixeur électrique permet d’obtenir la saponification en seulement quelques dizaines de minutes.</em></p>
<h3>Quelques outils</h3>
<div class="wp-caption alignright" style="width: 260px"><img title="Découpe des savons" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/savonnier/decoupe-savon.jpg" alt="Découpe des savons" width="250" height="221" /><p class="wp-caption-text">Savons découpés au fil et au couteau</p></div>
<p style="text-align: justify;">Comme tout corps de métier, celui de savonnier nécessite des outils spécifiques. En voici quelques-uns.</p>
<ul>
<li><strong>Le matras :</strong> perche de bois munie d’une plaque pour remuer les graisses et la soude dans les chaudrons. Le matras désigne également une autre perche munie à son extrémité de fibres et de tissus pour boucher le tuyau servant à éliminer l’eau en surplus présente dans les chaudrons.</li>
<li><strong>Le couteau :</strong> sorte de gros hachoir au bout d’une barre de fer pour couper les savons.</li>
<li><strong>La mise :</strong> caisse en bois de grande longueur dans laquelle était déversée la pâte de savon, pour y être séchée et débitée en pains.</li>
<li><strong>La bûche d’airain :</strong> jauge servant à mesurer l’épaisseur et à aplanir la pâte présente dans les mises.</li>
<li><strong>Le fil :</strong> ustensile servant à découper le savon en tranche, composé d’un fil de fer fixé à un manche en bois.</li>
<li><strong>La boule d’ambre :</strong> boule en ambre servant à vérifier la concentration en soude de la lessive : si la boule flotte, la lessive est suffisamment forte.</li>
</ul>
<h2>La savonnerie, lieu de fabrication du savon</h2>
<div class="wp-caption alignleft" style="width: 260px"><img title="Coupe d'une savonnerie" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/savonnier/savonnerie.jpg" alt="Coupe d'une savonnerie" width="250" height="185" /><p class="wp-caption-text">Une savonnerie vue en coupe</p></div>
<p style="text-align: justify;">Les savonneries se trouvent majoritairement  dans le <strong>sud de la France</strong> : c’est là que l’on produit le plus d’huiles végétales et plus particulièrement l’huile d’olive, donnant le meilleur savon. Des savonneries existent <strong>du côté de Lille</strong>, destinées à fabriquer du <strong>savon plus liquide</strong>, s’apparentant au savon noir que l’on connaît aujourd’hui. Elle utilise principalement des huiles de colza ou de chènevis.</p>
<h3>Les hommes</h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>Plusieurs ouvriers</strong> travaillent dans une savonnerie, chacun assigné à une tâche particulière. L’ouvrier le plus important est bien entendu le <strong>maître savonnier</strong>, appelé également <strong>maître-valet</strong>. Chimiste sans le savoir, il sait reconnaître une bonne lessive, maîtrise à la perfection le dosage eau/soude/huile pour l’obtention du meilleur savon et décèle la fin de la saponification.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le piqueur</strong>, quant à lui, prépare la poudre de la lessive : il <strong>casse la chaux</strong> et les matières salines pour les mêler et les réduire en poudre, à l’aide de masses grosses et plates. <strong>D’autres ouvriers</strong> ont en charge la surveillance des foyers, le mélange des huiles et de la lessive ou encore la découpe du savon en cube.</p>
<h3>Le lieu</h3>
<p style="text-align: justify;">Généralement, une savonnerie se constitue d’<strong>un bâtiment principal</strong> ainsi que de quelques <strong>petits bâtiments annexes</strong>. Le bâtiment principal, composé de deux ou trois étages, est celui dans lequel le savon se prépare. Le sous-sol sert aux <strong>fourneaux</strong> et à l’entrepôt du bois, le rez-de-chaussée, quant à lui, reçoit <strong>les cuves</strong> pour la cuisson de la lessive et du savon. Le premier étage accueille les <strong>pièces pour le séchage</strong> du savon et de lieu de <strong>couchage pour les ouvriers</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Les annexes servent à entreposer du matériel et à réduire en poudre les plantes et la chaux utilisées pour faire la lessive de soude.</p>
<h2>Anecdotes</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’huile de poisson</strong> était parfois utilisée pour fabriquer le savon. Elle avait l’avantage de rendre le linge particulièrement blanc mais <strong>l’odeur</strong> laissait franchement à désirer !!!</p>
<div class="wp-caption alignright" style="width: 260px"><img title="Savon de Marseille" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/savonnier/savon-de-marseille.jpg" alt="Savon de Marseille" width="250" height="167" /><p class="wp-caption-text">Savon de Marseille</p></div>
<p style="text-align: justify;">La boule d’ambre était souvent remplacée par un <strong>œuf de poule</strong> pour tester la concentration de la lessive de soude. L’œuf est beaucoup moins cher que cette boule d’ambre !</p>
<p style="text-align: justify;">Déjà à cette époque, quelques <strong>fabricants peu scrupuleux</strong> modifiaient la composition de leur savon pour produire plus avec le même poids d’ingrédients nobles. La fraude la plus commune consistait à <strong>incorporer de l’eau</strong> claire au savon cuit. Le savon, gorgé d’eau à la mise sur le marché, vendu pour un certain poids, voyait <strong>sa masse diminuer chez le client</strong> à cause de l’évaporation de l’eau supplémentaire.<br />Une autre fraude reposait sur <strong>l’incorporation de farine ou de chaux</strong> (beaucoup moins chères que les huiles ou la soude) dans la pâte de savon. Un résidu blanchâtre se déposait alors sur le linge ou la peau.</p>
<h2>Le savon aujourd’hui</h2>
<p><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2360980076?ie=UTF8&#038;tag=educanin-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=6746&#038;creativeASIN=2360980076" target="_blank"><img alt="Mes savons au naturel" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/livres/savons-naturel.jpg" title="Mes savons au naturel" class="alignright" width="180" height="180" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, <strong>faire du savon</strong> est une opération relativement <strong>simple</strong> <a href="http://www.lecture-au-naturel.fr/au-fil-des-pages/jai-teste-pour-vous-la-fabrication-dun-savon/" target="_blank">que l&#8217;on peut réaliser chez soi</a>, pour peu que l’on prenne la peine de <strong>bien préparer ses ustensiles et de suivre les recettes à la lettre</strong> (tout du moins au gramme et au degré près). De nombreux livres expliquent très simplement cette technique.</p>
<p style="text-align: justify;">De la même manière, <strong>comparez les ingrédients</strong> utilisés pour le savon du <strong>18ème siècle</strong> et une étiquette de savon <strong>actuel</strong> : la liste s’est considérablement allongée. <a href="http://www.lecture-au-naturel.fr/au-fil-des-pages/au-fil-des-pages/bien-lire-une-etiquette-de-savon/" target="_blank">En lisant attentivement celle-ci</a> vous pouvez avoir la surprise de posséder un savon fait avec <strong>du gras de boeuf !</strong></p>
<h2>Bibliographie</h2>
<ul>
<li>DIDEROT, Denis. <em>Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, par une Société de gens de lettre, mis en ordre par Diderot ; et quant à la partie mathématique par d’Alembert, avec les planches, les supplements et la table analytique et raisonné des matières</em>. Paris : [s.n.], 1751-1780. 35 vol. ; in-2°</li>
</ul>
<ul>
<li><em>Description des arts et métiers faites ou approuvées par Messieurs de l&#8217;Académie Royale des Sciences de Paris.</em> Tome 8. Neuchâtel : 1777.</li>
</ul>
<ul>
<li>MACQUER, Pierre-Joseph. <em>Dictionnaire de chymie, contenant la théorie et la pratique de cette science, son application à la physique, à l&#8217;histoire naturelle, à la médecine et aux arts dépendans de la chymie</em>. Yverdon : [s.n.], 1767. 3 vol.</li>
</ul>
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		<title>Le bourreau</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Aug 2010 11:28:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Claude Altayrac</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autour de l'humain]]></category>
		<category><![CDATA[Vieux métiers]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<h2>Les origine du métier de bourreau</h2>
<p style="text-align: justify;">L’origine du métier de bourreau reste assez floue. Bien qu’il soit présent depuis l’antiquité, les historiens s’accordent sur le fait que le véritable métier est né et a évolué avec l’acceptation par les hommes de la peine de mort.</p>
<div class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><img title="Saint-Saturnin et son bourreau" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/bourreau/origine-bourreau.jpg" alt="les origines du bourreau" width="200" height="283" /><p class="wp-caption-text">Saint-Saturnin et son bourreau - Manuscrit enluminé BnF</p></div>
<p style="text-align: justify;">De part sa définition générale, le bourreau est <strong>&laquo;&nbsp;celui qui supplicie un criminel au nom de la justice&nbsp;&raquo;</strong>, et n’a pas toujours été l’apanage d’un seul homme désigné comme tel. Du temps des Egyptiens, le bourreau était <strong>le médecin</strong> : le supplicié lui était livré et <strong>disséqué vivant</strong> pour l’apprentissage de l’anatomie. Chez les Hébreux, par le châtiment de lapidation, le bourreau devient <strong>assemblée collective</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Les animaux sont aussi des bourreaux, tels <strong>les lions</strong> chez les Romains lors des jeux du cirque. <strong>Le taureau,</strong> prenant part malgré lui au supplice de Saint-Saturnin, premier évêque de Toulouse vers 270, peut être considéré comme son bourreau. Du temps de Charlemagne, les bourreaux sont <strong>des soldats</strong> désignés d&#8217;office. Plus proche de nous, au Moyen Age, les premiers bûchers sont dressés et allumés par <strong>les villageois</strong> qui endossent donc cette charge.</p>
<p style="text-align: justify;">La désignation d’une <strong>personne clairement définie</strong> comme bourreau apparaît au <strong>13eme siècle</strong>. Saint Louis, en 1264 publie une ordonnance dans laquelle il ordonne que le coupable aura un bourreau du même sexe que lui. Cependant,  <strong>la première mention</strong> du terme &laquo;&nbsp;bourreau&nbsp;&raquo; -et de l&#8217;individu associé- se trouve dans un texte de la fin du 13ème siècle(1290-1294) où <strong>Michale Anric</strong> est dit &laquo;&nbsp;borreu&nbsp;&raquo; à Millau.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’origine étymologique</strong> du bourreau n’est également pas établie et plusieurs théories s’affrontent. Le terme viendrait de <strong>bourrer</strong>, qui signifie tourmenter, ou bien de la profession de <strong>bourrelier</strong> (ces derniers étaient souvent sollicités pour remplir ce rôle). Il pourrait également venir du latin <em><strong>bourrea</strong></em>, poignée de verges de saule, premier instrument de répression des licteurs romains <em>(mise en garde: le mot bourrea est inexistant dans plusieurs dictionnaires latins consultés, cette information est donc à prendre au conditionnel)</em>  ou encore d’un adjectif grec exprimant la qualification de carnassier. Sauval, dans les Antiquités de Paris, avance la théorie suivante : <strong>un clerc nommé Borel</strong> avait ordre de pendre tous les voleurs du canton, charge liée au fief de Bellencombre qu’il aurait obtenu en 1260. Il aurait laissé son nom à la profession.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Comment et qui devenait bourreau ?</h2>
<div class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><img title="La mort et sa faux" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/bourreau/mort-faux.jpg" alt="La mort ou l'ankou" width="150" height="284" /><p class="wp-caption-text">La Mort - Arcane 13 du tarot de Marseille</p></div>
<p style="text-align: justify;">Avec <strong>l’acceptation de la peine de mort</strong> par la population, la nécessité de recourir à une personne dédiée à l&#8217;<strong>exécution capitale</strong> devient de plus en plus pressante.</p>
<p style="text-align: justify;">Le gouvernement en place a vite compris l’importance et la fascination que le pouvoir de <strong>&laquo;&nbsp;dire la mort&nbsp;&raquo;</strong> exerçait sur le peuple. Les exécutions sont rares mais grandioses, rendant le spectacle de la mort en un moment impressionnant pour le public.<br />
Il n’était pas rare de voir, en guise de rebondissement, la <strong>peine de mort annulée</strong> avec des lettres de rémission (sous Charles X, 57% des peines de mort sont annulées par ce procédé), car <strong>&laquo;&nbsp;dire la vie&nbsp;&raquo;</strong> est également signe de pouvoir immense, à l’instar du <strong>Pouvoir Divin</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Au 16<sup>ème</sup> siècle, la peine de mort est entrée dans la vie quotidienne et les exécutions sont devenues beaucoup plus fréquentes. <strong>La main d’œuvre manque cruellement</strong> et trouver des bourreaux devient difficile. N’importe qui pouvait devenir bourreau en proposant ses services. <strong>Les premiers exécuteurs</strong> étaient occasionnels et exerçaient <strong>un autre métier</strong>, comme les tanneurs, bourreliers et équarisseurs. Il arrivait que la justice recrutait elle-même ses bourreaux : elle imposait à un criminel de choisir entre sa sentence et la grâce en devenant lui-même bourreau. Certains acceptaient mais beaucoup refusaient, de part la <strong>répulsion</strong> que provoquait cette profession.</p>
<p style="text-align: justify;">Le bourreau pouvait également être un condamné auquel on proposait un marché. A titre d’exemple, un nommé Dupré dit la Jeunesse, destiné aux galères, devient <strong>bourreau officiel</strong> de Bordeaux en échange de  sa <strong>libération</strong>. (Affaire jugée le 13 avril 1674).</p>
<p style="text-align: justify;">Le bourreau est un <strong>officier de justice</strong>. Il achète donc son office et est nommé par des lettres de provisions, scellées par la chancellerie ou le seigneur. Ces <strong>lettres étaient jetées sous une table</strong> : le bourreau devait s’abaisser pour les ramasser (pour s’abaisser devant la Justice ? pour éviter tout contact physique avec lui ? Cela reste un mystère). Il bénéficie donc d&#8217;un <strong>statut officiel</strong>, surtout dans les grandes villes,  jusqu&#8217;en 1789.</p>
<p style="text-align: justify;">Les bourreaux devenant de plus en plus nombreux et surtout isolés, <strong>des corporations se mettent en place</strong>. Chaque bourreau menbre pouvait vendre son office ou de transmettre sa responsabilité à un héritier.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Le métier de bourreau</h2>
<p style="text-align: justify;">Dans les faits, les documents sur le recrutement, le statut ou l&#8217;apprentissage des bourreaux sont rares. L’apprentissage du métier était oral et se transmettait de génération en génération.</p>
<div class="wp-caption alignright" style="width: 160px"><img title="Le pendu du tarot de Marseille" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/bourreau/bourreau-pendu.jpg" alt="Le pendu du tarot de Marseille" width="150" height="290" /><p class="wp-caption-text">Le Pendu - Arcane 12 du tarot de Marseille</p></div>
<p style="text-align: justify;">Le maître mot de <strong>l’apprentissage du métier</strong> de bourreau restait <strong>le spectacle</strong>. L’exécution du supplicié devait être extraordinaire pour « amuser » le public, <strong>la mise en scène</strong> était obligatoire. Le bourreau devait agir avec art et finesse.<br />
<strong><em>Malheur à celui qui suppliciait mal ou qui n’amusait pas le peuple !</em></strong><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;">Sous l’Ancien Régime, après sa nomination, le bourreau reçoit ses <strong>&laquo;&nbsp;instruments&nbsp;&raquo;</strong> : hache, poids, corde, empaleur, brodequins, pilori… L&#8217;une de ses responsabilité est de les entretenir et d’en prendre soin.</p>
<p style="text-align: justify;">Le terme de <strong>&laquo;&nbsp;bourreau&nbsp;&raquo;</strong> est peu apprécié par ailleurs. Un arrêt de 1787 le transforme en <strong>&laquo;&nbsp;Maître des hautes et basses œuvres&nbsp;&raquo;</strong> (Versailles, arrêt du 12 janvier 1787 qui défend de donner le nom de bourreaux aux exécuteurs de haute justice), mais cet arrêt ne fut jamais appliqué.</p>
<p style="text-align: justify;">Le &laquo;&nbsp;bourreau&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Maître des hautes et basses œuvres&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;exécuteur de la haute et basse-justice&nbsp;&raquo; a donc la charge de faire appliquer la sentence prononcée par la justice. Pour cela, il tient à la disposition du supplicié tout un arsenal de méthodes <strong>plus douloureuses</strong> les unes que les autres. De l’empalement, en passant par l’écartèlement, la pendaison ou le supplice de la roue, la <strong>mort reste cruelle</strong>, violente et extrêmement douloureuse jusqu’à la <strong>fin du 15<sup>ème</sup> siècle.</strong> Par la suite, le bourreau commence à <strong>étrangler discrètement</strong> ses victimes avant de lui asséner les coups les plus douloureux et mortels.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec l’invention de <strong>la guillotine</strong>, la mort devient <strong>universelle</strong> : les nobles comme les roturiers ont droit au même traitement et se trouvent égaux devant la mort. Elle est également plus rapide et moins douloureuse pour le supplicié.</p>
<div class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img title="Une grille d'oubliette" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/bourreau/bourreau-grille.jpg" alt="Une grille d'oubliette" width="300" height="200" /><p class="wp-caption-text">Une grille d&#39;oubliette</p></div>
<p style="text-align: justify;">Sans être le geôlier du condamné, le bourreau mène l’exécution du début à la fin, s’occupant également de la logistique y attenant : il <strong>dresse son échafaud</strong>, après avoir réglé les nombreux litiges avec le charpentier qui refusait la plupart du temps de travailler avec lui.</p>
<p style="text-align: justify;">Une fois les problèmes résolus, il pouvait enfin appliquer la sentence au condamné, mais jamais le dimanche ni les jours fériés et jour de fête. Il arrivait également qu’une <strong>célibataire</strong> se déclare pour demander à <strong>épouser le condamné</strong> : celui-ci était alors gracié, mais cette rédemption restait exceptionnelle.<br />
Une fois l’exécution faite, <strong>il nettoyait les lieux</strong> et transportait le corps au cimetière la nuit pour éviter le peuple qui le trouvait inhumain.</p>
<h2 style="text-align: justify;">La vie quotidienne du bourreau</h2>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le bourreau n’a pas un métier facile : de part son statut ambigu, sa proximité avec la douleur et la mort, il est <strong>très mal perçu</strong> par la population, tiraillé entre des sentiments de dégoût, de haine ou de  fascination et d’adulation. Personne ne veut vivre à ses côtés et il habite généralement dans une <strong>maison propre à sa fonction</strong>, la plupart du temps sur la place où il officie (à Paris, le bourreau ne peut demeurer dans la ville à moins que ce ne soit dans la maison du Pilory – arrêt du Parlement de Paris du 31/08/1709).</p>
<p style="text-align: justify;">Il a donc du mal à trouver une épouse, des témoins, des  parrains ou des marraines pour ses enfants. Avec <strong>l’apparition des corporations</strong> naissent les <strong>dynasties de bourreaux</strong> : on se marie entre familles du même corps de métier, les bourreaux trouvent des confrères pour <strong>se soutenir</strong> et sortir de la solitude. La famille la plus connue des bourreaux se nomme <strong>les Sanson</strong>, dont 7 générations d’exécuteurs se succédèrent pendant deux siècles.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsqu’il n’officie pas sur l’échafaud, le bourreau effectue le plus souvent des <strong>travaux d’intérêts généraux</strong> : il nettoie les égouts, chasse les chiens et les cochons errant, joue le rôle d’équarisseur ou exerce sa profession première.</p>
<p style="text-align: justify;">Le bourreau devait se différencier, sous peine d’emprisonnement, des autres personnes en portant des <strong>signes distinctifs</strong> : petit bâton à la ceinture, bout de tissu vif accroché à sa manche gauche… Ces signes variaient selon les régions et il <strong>pouvait les enlever</strong> pour aller communier, l’Eglise le considérant comme <strong>un chrétien à part entière</strong>. A ce titre, il a droit à la messe et à la sépulture.<br />
Lors des exécutions, il porte un <strong>habit rouge ou aux couleurs de la cité</strong>. Ces signes distinctifs disparaissent avec la Révolution, époque où il put s’habiller comme un bourgeois.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Le droit de havage</h3>
<p style="text-align: justify;">Le bourreau avait également du mal à se procurer de la nourriture ou des biens divers : les <strong>marchands refusaient de lui vendre</strong> des vivres. Le <strong>droit de havage</strong> fut donc mis en place, qui permettait au bourreau de <strong>se servir en pain, fruits, viande et autre vivres</strong>, mais sans les toucher : il s’aide d’une écuelle ou d’une grande cuillère.</p>
<p style="text-align: justify;">Le <strong>pain</strong> qui lui était destiné était <strong>posé à l’envers ou marqué</strong> d’un signe distinctif, pour qu’il ne touche pas les autres et réciproquement. Les famines à répétition et la pauvreté quasi-permanente font de cette pratique un droit inégal pour le reste de la population, si bien qu&#8217;en 1775, le droit de havage est suspendu (Arrêt du conseil qui &laquo;&nbsp;suspend la perception … et supprime les droits que les exécuteurs de haute-justice étaient dans l’usage de perçevoir, soit en nature, soit en argent, sur les laboureurs et autres personnes qui apportent des grands et farines dans les villes et marchés&nbsp;&raquo; – Versailles, le 3 juin 1775).</p>
<h2 style="text-align: justify;">Quelques bourreaux célèbres</h2>
<div class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><img title="Armoiries des Sanson" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/bourreau/blason-sanson.jpg" alt="Blason des Sanson" width="200" height="187" /><p class="wp-caption-text">Les armes des Sanson</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Capeluche :</strong> Au 15<sup>ème</sup> siècle, Capeluche est boucher devant le Châtelet. Il propose ses services au Roi qui accepte et le fait bourreau officiel de Paris. Homme cruel et extrêmement méchant, il se rendit célèbre par ses exécutions et surtout par ses excès. Jean sans Peur, duc de Bourgogne, las de son insolence et de sa cruauté, le fit décapiter en 1418 ou 1419.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La Famille Sanson :</strong> la plus célèbre des dynasties de bourreaux, dans laquelle se succédèrent pas moins de 7 générations d’exécuteur, de Charles Sanson de Longval au 17<sup>ème</sup> siècle à Henri-Clément Sanson en 1847.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Marcel Chevalier :</strong> le dernier bourreau de France. Ce métier s’éteignit avec l’abolition de la peine capitale, le 9 octobre 1981.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Et les femmes bourreaux ?</h2>
<p style="text-align: justify;">La question que l’on pourrait se poser est la suivante : y-a-t’il eu des femmes bourreaux ?</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, le métier de bourreau est à la base un <strong>métier d’homme</strong> : il nécessite de la force physique et une certaine force morale pour (arriver à faire son métier).</p>
<p style="text-align: justify;">La réponse est oui : l’arrêt de Saint Louis qui ordonne que des femmes condamnées doivent être exécutées par des femmes (bourreaux de même sexe que le condamné) en est la preuve.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour l&#8217;anecdote, la seule trace d’une <strong>femme bourreau</strong> apparaît à Lyon en 1747. La servante d’un bourreau trouve étrange que ce dernier, célibataire, refuse ses avances. Celle-ci le dénonce à la police qui le jette en prison et lui <strong>ôte ses vêtements</strong> : la surprise est de taille car le bourreau se trouve être une femme ! Après s&#8217;être expliquée, elle avoua avoir eu <strong>du plaisir à regarder un bourreau exercer</strong> et voulut le devenir à son tour.</p>
<p style="text-align: justify;">Sa sentence fut la <strong>prison a vie</strong> mais elle fut libérée rapidement car <strong>un laquais la demanda en mariage</strong> 10 mois plus tard.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Bibliographie</h2>
<ul>
<li>BRILLON, Pierre Jacques. <em>Dictionnaire des arrêts, ou jurisprudence universelle des parlements de France et autres tribunaux&#8230;</em> Nouvelle édition, revue, corrigée et augmentée. Paris : chez Guillaume Cavelier, 1727. 6 vol. ; in-folio</li>
<li>DIDEROT, Denis. <em>Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, par une Société de gens de lettre, mis en ordre par Diderot ; et quant à la partie mathématique par d’Alembert, avec les planches, les supplements et la table analytique et raisonné des matières</em>. Paris : [s.n.], 1751-1780. 35 vol. ; in-2°</li>
<li>JOURDAN, Athanase-Jean-Léger et al. <em>Recueil général des anciennes lois françaises, depuis l&#8217;an 420 jusqu&#8217;à la Révolution de 1789 : contenant la notice des principaux monumens des Mérovingiens, des Carlovingiens et des Capétiens, et le texte des ordonnances, édits, déclarations, lettres patentes, règlemens,&#8230; de la troisième race, qui ne sont pas abrogés, ou qui peuvent servir, soit à l&#8217;interprétation, soit à l&#8217;histoire du droit public et privé&#8230;</em> Paris : Belin-Leprieur ; Plon, 1821-1833. 29 vol. dont 1 de table ; in-8°</li>
<li>ROCHELANDET, Brigitte. <em>Autour de la mort : le bourreau</em>, conférence du 15 mars 2009, Dole. Dans le cadre de l’Université Ouverte de Franche-Comté, notes personnelles.</li>
<li>SANSON, Henri-Clément. <em>Sept générations d&#8217;exécuteurs, 1688-1847 : mémoires des Sanson</em>. Paris : Dupray de La Mahérie, 1862-1863. 6 vol. ; in-8</li>
<li>SAUVAL, Henri. <em>Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris</em>. Paris : C. Moette ; J. Chardon, 1724. 3 vol. ; in-folio</li>
</ul>
<h2>Conseil de lecture</h2>
<p><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2840964171?ie=UTF8&#038;tag=educanin-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=6746&#038;creativeASIN=2840964171" target="_blank"><img alt="Métiers oubliés de Paris" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/livres/livre-metiers.jpg" title="Métiers oubliés de Paris" class="alignleft" width="150" height="186" /></a></p>
<p><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2840964171?ie=UTF8&#038;tag=educanin-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=6746&#038;creativeASIN=2840964171" target="_blank">Métiers oubliés de Paris</a>
<p>Par Laurence Berrouet et Gilles Laurendon</p>
<p>Aux éditions Parigramme</p>
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		<title>Le serrurier</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Jun 2010 11:54:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Claude Altayrac</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autour du métal]]></category>
		<category><![CDATA[Vieux métiers]]></category>

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		<description><![CDATA[Description du métier de serrurier Le métier de serrurier ne se limitait pas à la fabrication de clés ou de serrures. De part ses compétences métallurgiques, il était capable de...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2>Description du métier de serrurier</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le métier de serrurier</strong> ne se limitait pas à la fabrication de clés ou de serrures. De part ses compétences métallurgiques, il était <strong>capable de forger</strong> et de réaliser des ouvrages beaucoup plus imposants. De manière non exhaustive, nous pourrions citer :</p>
<div class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><img title="Frappe de Porte" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/serrurier/frappe-de-porte.jpg" alt="une réalisation de serrurier" width="200" height="267" /><p class="wp-caption-text">L&#39;une des réalisations d&#39;un serrurier</p></div>
<ul>
<li>Les ouvrages en fer servant à la solidité des bâtiments (fermes, potences, charpentes…)</li>
<li>Les grilles, balcons et autres réalisations servant à la sûreté des bâtiments et de ses habitants</li>
<li>Les essieux, ressorts de voitures et équipages</li>
<li>Les sonnettes et les accessoires (renvois, fils, poignées&#8230;)</li>
<li>Les objets de décoration et d&#8217;ornementation (dessus de grilles, ferronnerie d’art&#8230;)</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Et bien entendu, <strong>toutes sortes de serrures</strong> pour la fermeture des maisons, portes, coffres,armoires ou objets en tous genres.</p>
<p style="text-align: justify;">Par l’appellation de serrurier se cache donc <strong>un métallier, un ferronnier d’art et un chaudronnier</strong> (dans sa définition contemporaine). Par ailleurs, la plupart des entreprises métallurgiques de notre époque sont souvent dénommée <strong>chaudronnerie et serrurerie industrielle.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il existait également des <strong>« serruriers en cuivre »</strong>, appelés aussi boîtiers, car ils confectionnaient plus particulièrement des petites serrures et boites pour les meubles et objets en tous genres.</p>
<h2>Statuts &#8211; historique</h2>
<div class="wp-caption alignleft" style="width: 260px"><img title="Travestissement du XVIIIème d'après Valck" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/serrurier/serrurier.jpg" alt="Habit de Serrurier. " width="250" height="345" /><p class="wp-caption-text">Travestissement du XVIIIème siècle - Habit de serrurier</p></div>
<p style="text-align: justify;">L’art de travailler le fer est <strong>millénaire</strong> et les hommes ont très vite appris à maitriser et à travailler cette matière à la fois <strong>malléable à haute température</strong> et solide une fois refroidie.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous pouvons retrouver quelques traces des <strong>statuts des serruriers</strong> dans le livre des métiers d’Etienne Boileau, datant du XIIIe siècle. Dans cet ouvrage, Boileau en donne <strong>les 9 articles</strong>, dont le dernier stipulait que « Li Serreurier ne doivent rien de chose qu’il vende ou achete, apartenant a son mestier » ce qui signifiait que le serrurier <strong>ne payait pas d’impôts</strong> ni de taxes sur leur travail réalisé.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce statut est d’ailleurs repris et confirmé par Charles VI dans des lettres datant de fin 1411, dont voici un extrait.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Lettres de Charles VI qui portent que les Serruriers de Paris, continueront d’être exempts de droits d’Aides, sur les marchandises concernant leur métiers, qu’ils acheterons et qu’ils vendrons.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Charles, &amp;c. Savoir faisons à tous presens &amp; avenir… Savoir faisons que l’an de grace mil CCCC &amp; unze, le Lundi XXIe jour de Septembre, à la requête de Pierre Dauslun, Serrurier, demourant à Paris, seisme extraire de certain Registre ancien transcript ès Registres de la Court du Chastellet de Paris, pieça fait sur le mestier des Serruriers de ladictte Ville, certaine clause contenue oudit ancien Registre, de laquelle la teneur s’ensuit.<br />
Les Serruriers ne doivent riens de chose qu’ils vendent ne achetent, appartenante à leur metier.<br />
En temoing de ce, nous avons fais mettre à ce présent Extrait le Séel de ladicte Prévoté de Paris. Ce fut fait l’an &amp; le jour de Lundi dessusdit…</em></p>
<p style="text-align: justify;">L’une des règles du travail de serrurier lui <strong>interdisait de travailler de nuit</strong>, pour cause de faible éclairage ainsi que des <strong>soupçons</strong> qu’il pouvait éveiller, dû à l’aspect « sécuritaire » de son métier. Une autre, fondamentale, était que le serrurier <strong>ne pouvait fabriquer ou recopier une clé</strong> sans avoir la serrure correspondante sous les yeux. Cette mesure, qui peut ne pas sembler suffisamment sécuritaire, avait le mérite d’éliminer le risque de <strong>falsification</strong> ou de duplication de clé sur une empreinte que n’importe qui pouvait donner au serrurier.</p>
<p style="text-align: justify;">A l’époque de Boileau, <strong>l’apprentissage du métier</strong> durait 7 ans si l’apprenti apportait la somme de 20 sous, 8 ans s’il n’apportait rien du tout. Une fois le futur serrurier formé, il devait acheter <strong>son droit d’exercer</strong> 5 sous et prêter serment avant de pouvoir « touchier au mestier » et payer 6 deniers d’impôts annuels (il s’agit d’une continuation au droit d’exercer et non pas une taxe sur ses objets fabriqués).</p>
<h2>Un savoir-faire métallurgique sans pareil</h2>
<h3>Maîtriser son foyer</h3>
<div class="wp-caption alignright" style="width: 260px"><img title="Une forge" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/serrurier/forge.jpg" alt="Un foyer de forge" width="250" height="380" /><p class="wp-caption-text">Un foyer de forge - Remarquez la présence de l&#39;eau a droite du foyer</p></div>
<p style="text-align: justify;">En bon métallurgiste, le serrurier connaissait <strong>les différentes températures</strong> à donner au fer pour le rendre plus dur, le travailler facilement ou le recuire après forgeage pour le rendre moins cassant. Avoir un bon foyer était essentiel pour <strong>obtenir la température désirée</strong> et la qualité du charbon en dépendait beaucoup.</p>
<p style="text-align: justify;">Le serrurier choisissait donc <strong>son charbon en conséquence</strong>. Les mines de Newcastle en Angleterre, St-Etienne du Forez ou Moulins en France donnait de <strong>l’excellent charbon</strong>, mais se consumant très rapidement. Tout était <strong>affaire de dosage</strong> entre du charbon d’excellente qualité et de qualité moindre pour avoir une chauffe stable, performante, sans qu’il se consume trop rapidement, tout en <strong>préservant le fer</strong> de la corrosion due aux particules indésirables présentes dans le minerai.</p>
<h3>Connaître le fer</h3>
<p style="text-align: justify;">Le métier de serrurier, outre son habileté à concevoir et réaliser divers objets en métal était avant tout <strong>un métallurgiste confirmé</strong> : d’un seul coup d’œil, il pouvait déterminer la qualité des différentes barres de fer qu’il commandait auprès des marchands.</p>
<p style="text-align: justify;">Le serrurier se renseignait également sur la provenance de sa matière première. Certaines mines, comme celles de la Lorraine, produisait du métal de première qualité, tandis que les <strong>mines de Champagne et de Bourgogne</strong> produisaient un minerai plutôt cassant.</p>
<p style="text-align: justify;">Un rapide examen de la surface de la barre sortie des forges lui indiquait si le métal était <strong>doux ou dur</strong> (il parlait alors de fer « aigre ») car ces deux types de métaux ne devaient pas être travaillé ni chauffé de la même manière.<br />
Trop dur, le métal était de mauvaise qualité et se travaillait difficilement. Pour éliminer ce type de barres, le serrurier la soulevait par un bout et la <strong>jetait par terre</strong>. Si le métal était mauvais, la barre se cassait très facilement. Ce test existe encore aujourd’hui (de manière améliorée, voir anecdotes).</p>
<p style="text-align: justify;">Très fréquemment, il <strong>fendait la barre en deux</strong> pour en observer le grain et la couleur de la cassure. Ce test, infaillible pour déduire <strong>la ductilité et la fragilité</strong> d’un fer, permettait au serrurier d’attribuer une future utilisation à sa matière première : les fers doux, plus facile à travailler et moins fragiles, feront de très belles <strong>pièces de résistance</strong> tandis que les fers les plus durs serviront surtout aux <strong>pièces d’usure</strong>, très résistantes aux frottements.</p>
<h2>Quelques outils du serrurier</h2>
<div class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><img title="Outils du serrurier" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/serrurier/outils.jpg" alt="Outils du serrurier" width="200" height="428" /><p class="wp-caption-text">Outils du serrurier</p></div>
<ul>
<li><strong>L’enclume à une ou deux bigornes</strong> : pour positionner, forger et donner la forme définitive des morceaux de métal chauffés. Les bigornes sont les pointes de l’enclume</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>La becquette plate</strong> : pince assez mince, terminée en arc de cercle, permettant de tenir et manier les pièces délicates (fig. 23)</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>L&#8217;auge de pierre</strong> : ce n’est pas un outil proprement dit, mais un récipient rempli d’eau qui était disposé à côté du foyer. L&#8217;eau servait à arroser et donc stabiliser le feu pour le garder à une température constante (ou pour l&#8217;abaisser)</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>Les forêts et archers</strong> (fig 57 et 59) : pour perçer les trous. L&#8217;archet, positionné sur la poulie du forêt, permettait de le faire tourner pour usiner le métal (à la manière de la corde et du bout de bois pour allumer un feu dans Koh-Lanta !).</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>La cloutière</strong> : sorte d’étau dans lequel était fixé la tige d’une future vis. L’empreinte de la tête de la vis était obtenue par frappe d’un poinçon avec la forme désirée sur un bout de la tige.</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>La langue de carpe</strong> : poinçon en forme de losange (fig. 4), utilisé pour pré-percer les trous à chaud. Le serrurier frappait sur la langue de carpe, positionné sur la métal rouge pour pratiquer une ouverture dans ce dernier afin de faciliter le travail des forêts et limes. L’avantage du perçage à chaud est que l’opération est plus rapide, mais une déformation du métal s’en suit et les trous formés ne sont pas aussi réguliers qu’un perçage à froid.</li>
</ul>
<ul>
<li>Limes de différentes grosseurs , étaux, pinces de toutes formes &#8230;</li>
</ul>
<h2>Deux anecdotes sur les serruriers</h2>
<div class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img title="Dessus de Grille" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/serrurier/grille.jpg" alt="Dessus de Grille" width="300" height="184" /><p class="wp-caption-text">Une autre réalisation : les dessus de grilles</p></div>
<p style="text-align: justify;">- En Côte d’Or, il n&#8217;y a pas si longtemps que cela, <strong>la mésange charbonnière</strong> était parfois appelée « serrurier », à cause de <strong>son cri</strong> qui ressemble au bruit désagréable d’une lime qui attaque le métal.</p>
<p style="text-align: justify;">- Le test de la barre que l’on lançait à terre existe encore de nos jours, sous une autre forme. Dénommée <strong>test de résilience, ou essai de flexion par choc</strong>, cette épreuve mécanique est très employée dans l’industrie métallurgique actuelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle est réalisée avec un appareil appelé <strong>Mouton de Charpy</strong> : le principe est de projeter une masse contre une éprouvette de métal et enregistrer l’effort nécessaire pour la casser. Plus le métal est dur et fragile, plus la puissance nécessaire pour briser le métal sera moindre.</p>
<h2>Iconographie</h2>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Outils : DUHAMEL DU MONCEAU, Henri-Louis. <em>Art du serrurier.</em> Extraits des planches I et III</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Habit de serrurier : SEBILLOT, Paul. <em>Légendes et curiosités des métiers. </em> Gravure p. 25 de la section du serrurier</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Photographies : porte d&#8217;une habitation de Menotey (Jura-39), foyer de la forge des Haras de Besançon (Doubs-25), grille d&#8217;entrée du château de Pierre-de-Bresse (Saône-et-Loire-71). Photos Claude Altayrac &amp; Aline Aublé</li>
</ul>
<h2>Bibliographie</h2>
<div class="wp-caption alignright" style="width: 160px"><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2851010972?ie=UTF8&amp;tag=educanin-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2851010972" target="_blank"><img title="L'art de la forge" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/livres/livre-forge.jpg" alt="L'art de la forge" width="150" height="211" /></a><p class="wp-caption-text">Un superbe livre sur la forge</p></div>
<ul>
<li style="text-align: justify;">BOILEAU, Etienne. <em>Les métiers et corporations de la ville de Paris : XIIIe siècle. Le livre des métiers d&#8217;Étienne Boileau / publié par René de Lespinasse et François Bonnardot&#8230;</em> Paris : Imprimerie Nationale, 1879. CLIV-420 p. : fac-sim. ; gr. in-4</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">DIDEROT, Denis. <em>Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, par une Société de gens de lettre, mis en ordre par Diderot ; et quant à la partie mathématique par d’Alembert, avec les planches, les supplements et la table analytique et raisonné des matières.</em> Paris : [s.n.], 1751-1780. 35 vol. ; in-2°</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">DUHAMEL DU MONCEAU, Henri-Louis. <em>Art du serrurier.</em> [s.l] : De l&#8217;impr. de L. F. Delatour, 1767. 302 p.-XLII f. de pl. ; in-folio</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">SEBILLOT, Paul. <em>Légendes et curiosités des métiers.</em> Paris : E. Flammarion DL 1894-1895, 20 parties en 1 vol. (730 p.) : ill. ; gr. in-8</li>
</ul>
]]></content:encoded>
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		<title>Le charron</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Mar 2010 13:50:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Claude Altayrac</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autour du bois]]></category>
		<category><![CDATA[Vieux métiers]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Un mauvais charron fait un bon charpentier&#160;&#187; (proverbe anglais) Le charron est un artisan estimé qui fabrique des charrettes et autres moyens de roulage, avec une spécialité : la fabrication...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><strong>&laquo;&nbsp;Un mauvais charron fait un bon charpentier&nbsp;&raquo;</strong></em> (proverbe anglais)</p>
<div class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><img title="Atelier de Charron (Encyclopédie de Diderot)" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/charron/charron.jpg" alt="L'atelier du charron" width="300" height="172" /><p class="wp-caption-text">Atelier de Charron (Encyclopédie de Diderot)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Le charron est un artisan estimé qui fabrique des charrettes et autres moyens de roulage, avec une spécialité : la fabrication et réparation des roues. C’est à son habileté et dextérité à fabriquer ces dernières et aux opérations particulières qu’elles entraînaient que le charron devait sa renommée.</p>
<p style="text-align: justify;">Il participe également à la fabrication des chariots, fourgons, carrosses, mais son travail ne se limite qu’à la fabrication des trains et des roues. Son statut d’excellent ouvrier le plaçait au dessus des charpentiers et il n’est pas rare qu’il fasse tous les travaux de réparation et de couverture d’une maison.</p>
<p style="text-align: justify;">Les charrons de Paris, dont le statut fut officiellement reconnu par Louis XIV en 1668, faisaient partie de la corporation des &laquo;&nbsp;charrons, carrossier, faiseurs et entrepreneurs de carrosses, coches, litières, brancards, calèches et autres attirails&nbsp;&raquo;. Leur métier était très encadré et les autres artisans travaillant le bois ne pouvaient s’approprier le travail du charron. &laquo;&nbsp;Défense aux tourneurs d’entreprendre sur l’art de charron ; ils feront seulement les pièces tournées&#8230; Défense aux bourreliers bâtiers de rien entreprendre du métier de charron.&nbsp;&raquo; Extrait des lettres patentes de Louis XIV confirmant les statuts des charrons de Paris en 50 articles en date du 14 mars 1668, enregistrées le 20 novembre de la même année.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Description du métier de charron</h2>
<div class="wp-caption alignleft" style="width: 210px"><img title="Une charrette réalisée par un charron" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/charron/charrette.jpg" alt="Une charrette réalisée par un charron" width="200" height="96" /><p class="wp-caption-text">Une charrette</p></div>
<p>Le charron travaillait essentiellement durant les périodes ou les travaux des champs étaient plus intense (labour, semailles, moisson&#8230;) : les chariots, charrettes ou autres charrues étaient mis à rude épreuve et les roues se brisaient plus qu’a l’accoutumée.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est pendant l’hiver et la saison creuse que le charron fabriquait les roues et divers éléments constituant une charrette. Il arpentait aussi les forêts pour y repérer les arbres dont il allait se servir les prochaines années.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Le choix du bois</h3>
<p style="text-align: justify;">Le charron, avant d’être un ouvrier hors pair, est tout d’abord un bon observateur. D’un seul coup d’oeil il savait juger si un arbre avait les qualités requises pour réaliser son ouvrage, arbre dont il choisissait l’essence en fonction des pièces à réaliser :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">
<div class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><img title="Arbres débités en grumes" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/charron/arbres.jpg" alt="Arbres débités en grumes" width="200" height="136" /><p class="wp-caption-text">Arbres débités en grumes</p></div>
<ul>
<li>L’orme ou orme tortillard (beaucoup plus noueux) est un bois solide qui a la propriété de ne pas se fendre facilement. Il est utilisé pour la fabrication du moyeu, pièce maitresse de la roue et les jantes.</li>
</ul>
<ul>
<li>Le chêne est utilisé pour les parties travaillant beaucoup et exigeant une résistance à toute épreuve, comme les rais.</li>
</ul>
<ul>
<li>Le frêne ou le hêtre pour les parties moins importantes.</li>
</ul>
<ul>
<li>Le charme était aussi utilisé dans les régions ou l’orme était rare pour réaliser les essieux et autres pièces où ce dernier était utilisé.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Les arbres repérés sont abattus en hiver, une fois les dernières montées de sèves faites. Ils sont ensuite débités, puis mis à sécher soit en planches soit en grumes pendant quatre ou cinq années, ce qui permettait d’éliminer le mauvais bois qui se fendait pendant ces années de séchage (le grume étant le tronc entier de l’arbre , servant pour toutes les parties sensibles de l’ouvrage, comme les roues ou les moyeux.)</p>
<h3 style="text-align: justify;">La réalisation de la roue</h3>
<p style="text-align: justify;">C’est ici que l’art du charron prenait toute sa substance. Une fois les bois bien sec et rentrés, il commencait à les travailler et les tailler, mais toujours dans le coeur, pour qu’il n’y ait aucun aubier pouvant fausser la roue ou la fragiliser : dans la partie intérieure, les rais pouvaient le faire éclater, rendant le rai inutile ; à l’extérieur, celui-ci se tasserait et le pourtour de la roue ne serait plus circulaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour l’époque, l’aubier était &laquo;&nbsp;une couronne ou ceinture plus ou moins épaisse de bois blanc, imparfait, qui dans presque tous les arbres se distingue aisément du bois parfait qu’on appelle le coeur, par la différence de couleur et de sa dureté. Elle se trouve directement sous l’écorce et enveloppe le bois parfait, qui dans les arbres sains est à peu près tout de la même couleur, depuis la circonférence jusqu’au centre&nbsp;&raquo; (Encyclopédie de Diderot).</p>
<p style="text-align: justify;">
<div class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><img title="Moyeux de charrettes" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/charron/moyeux.jpg" alt="Moyeux de charrettes" width="200" height="119" /><p class="wp-caption-text">Moyeu plein et en coupe</p></div>
<p style="text-align: justify;">Le moyeu, quant à lui, était réalisé en un seul morceau, l’axe central et les logements servant a accueillir les raies étant réalisé avec des outils spéciaux et adaptés. Toutefois, la taille de ces logement suivait une règle bien précise et essentielle pour que le chariot puisse bien rouler et porter sa charge : ils n’étaient par percés perpendiculairement à l’axe du moyeu, mais avec une légère inclinaison. Cela donnait de la solidité à la roue et permettait à celle-ci d’éviter le déjantage, cette inclinaison est appelée l’écuanteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Le fondement de cette règle est simple : la traction de la charrette chargée engendre un effort dans l’essieu qui a tendance à chasser le moyeu vers l’extérieur. D’autres forces naissent alors dans les rais pour contrecarrer cet effort. Si les rais sont droites, elles ont tendances à être poussées vers l’extérieur et peuvent se déboîter de la roue et amener le déchaussement de celle-ci. Au contraire, si les rais sont légèrement inclinés vers l’extérieur, le moyeu, toujours chassé dans la même direction, provoque une force qui compresse les rais dans les logements de la roue : celle-ci ne se déchausse plus. Mathématiquement, l’écuanteur est tout simplement le sinus de l’angle formé par les rais et la verticale.</p>
<p style="text-align: justify;">
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><img title="Ecuanteur et dévers" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/charron/ecuanteur.jpg" alt="Ecuanteur et dévers" width="500" height="229" /><p class="wp-caption-text">Principe de l&#39;écuanteur et du dévers</p></div>
<p style="text-align: justify;">De plus, le charron taillait son moyeu de telle manière à lui donner une légère inclinaison par rapport à la route : le dévers. L’effet combiné du dévers et de l’écuanteur assistait les roues dans les mouvements de va-et-vient latéraux du chariot, provoqués par la démarche des bêtes attelées. Cet effet donnait une résistance accrue au chariot. Toutefois, les ouvrages de l’époque consultés ne font pas mention de cette notion de dévers. Il est donc fort probable que celle-ci soit apparue bien plus tard.</p>
<h3 style="text-align: justify;">L&#8217;embattage ou frettage</h3>
<p style="text-align: justify;">Une fois tous les éléments de la roue assemblés, une ultime opération était nécessaire pour que la roue soit totalement terminée, l’embattage (ou le frettage). L’embattage consiste à entourer la roue d’un ou de plusieurs morceaux de métal, pour donner à celle-ci solidité et cohésion. Le fer découpé en une ou plusieurs parties était chauffé au rouge à l’aide d’un brasier extérieur, que l’on entretenait jusqu’à obtention de la température souhaitée, ou plutôt de la dilatation souhaitée. Celui-ci était alors posé sur la jante, fixé et arrosé copieusement d’eau : sous l’effet du choc thermique, le fer se rétractait et resserrait la roue sur elle-même. La fixation du métal et les éventuels derniers coup de masse étaient alors donnés pour corriger les derniers défauts.</p>
<p style="text-align: justify;">
<div class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><img title="Le frettage et l'embattage chez le maréchal" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/metiers/charron/embattage.jpg" alt="Le frettage et l'embattage chez le maréchal" width="300" height="208" /><p class="wp-caption-text">L&#39;embattage</p></div>
<p style="text-align: justify;">Cette opération devait se dérouler assez rapidement, d’une part pour éviter que le bois ne se consume sous l’effet de la chaleur, et d’autre part pour éviter que le métal ne refroidisse trop vite et soit mal ajusté à la jante. Si le cercle de métal était trop grand, la roue était mal serrée et se désolidarisait, s’il était trop court, la roue subissait de telles contraintes qu’elle explosait littéralement au premier choc. Cette opération était le plus souvent réalisée chez le maréchal grossier, à ne pas confondre avec le maréchal ferrand. Le premier effectue des travaux de forge grossiers et imposant, tandis que l’occupation principale du second est de ferrer les chevaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Au final, la réalisation d’une charrette entière prenait une année complète, due au fait que la fabrication des roues s’étalait sur plusieurs saisons : fabrication en hiver et embattage en été, pour que le bois aie bien eu le temps de sécher. C’était un temps incompressible si l’on voulait obtenir un bon ouvrage, qui puisse tenir la distance et le temps.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Quelques outils propre au charron</h3>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Evidoir ou evuidoir : outil ou plutôt étau qui servait à maintenir fermement ensemble toutes les pièces de bois qui feront les jantes.</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Cognée : sorte de hache tranchante d’un seul côté, qui permettait au charron de fendre le gros bois et d’ôter le bois superflu de leur pièce.</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Essette : Hache courbe dont le tranchant est horizontal, pour permettre de façonner et creuser le pièces de bois qui feront les jantes.</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Chèvre : c’est une sorte de double croix de saint andré, reliées au milieu par un bout de bois, pour permettre au charron d’y poser des troncs à scier (petite chèvre) ou à bloquer les essieux des charrettes, pour pouvoir tourner librement les roues (grande chèvre).</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Tarrières et amorçoirs : outils servant à perçer et aléser des trous de grande dimension dans les jantes et les moyeux des roues.</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Ceintre : règle percée à une extrémité, qui était fixée au centre du moyeu et qui servait à donner la même dimension à toutes les raies pour qu’elles soient correctement emmanchées dans les jantes.</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Plane : outil ayant la même fonction d’un rabot. Il était composé d’un morceau de fer tranchant au milieu et recourbé aux deux extrémités pour en faire des poignées. Cet outil servait à aplanir le bois.</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Mouillet : ou porte-moyeu permettait d’y fixer celui-ci pour un bon guidage en rotation en vue de repérage et d’usinage des logements de rais.</li>
</ul>
<h2 style="text-align: justify;">Bibliographie</h2>
<ul>
<li style="text-align: justify;">BAUDEAU, Nicolas. Encyclopédie méthodique. Commerce. Liège : Plomteux, 1783. 3 t. (XXX-[2]-766 p. ; [4]-798 p., 3 f. de pl. dépl. (tableaux) ; [4]-831-[1 bl.]-XVI p.) ; in-4</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">BRILLANT, Abbé. Dictionnaire universel françois-latin, avec des remarques d’érudition et de critiques. (7ème et dernière édition). Paris : [s.n], 1771. 8 vol. in-2°</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">DIDEROT, Denis. Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, par une Société de gens de lettre, mis en ordre par Diderot ; et quant à la partie mathématique par d’Alembert, avec les planches, les supplements et la table analytique et raisonné des matières. Paris : [s.n.], 1751-1780. 35 vol. ; in-2°</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">DUHAMEL DU MONCEAU, Henri-Louis. De l’exploitation des bois, ou Moyens de tirer un parti avantageux des taillis, demi-futaies et hautes futaies, et d’en faire une juste estimation&#8230;, Paris : Guérin, 1764. 2 vol. (XLVII-430, XIV-705 p.) : planches ; in-4°</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">MACQUER, Philippe. Dictionnaire raisonné universel des arts et métiers, contenant l’histoire, la description, la police des fabriques et manufactures de France et des pays étrangers revue et mise en ordre par M. l’abbé Jaubert. Lyon : Leroy, 1801. 4 vol. ; in-8</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">SEBILLOT, Paul. Légendes et curiosités des métiers. Paris : E. Flammarion DL 1894-1895, 20 parties en 1 vol. (730 p.) : ill. ; gr. in-8</li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify;">SEYMOUR John. Métiers oubliés. Paris : Chêne, 1985. 187p. : ill. en noir et en coul. ; 29 cm. ISBN 2-85108-392-9.</li>
</ul>
<h2>Lectures actuelles conseillées</h2>
<p><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2212127383?ie=UTF8&#038;tag=educanin-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=6746&#038;creativeASIN=2212127383" target="_blank"><img alt="Encyclopédie du travail du bois" src="http://www.coutumes-et-traditions.fr/medias/livres/livre-bois.jpg" title="Encyclopédie du travail du bois" class="alignleft" width="150" height="186" /></a></p>
<p><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2212127383?ie=UTF8&#038;tag=educanin-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=6746&#038;creativeASIN=2212127383" target="_blank">Encyclopédie du travail du bois, 2eme édition</a></p>
<p>Par Mark Ramuz</p>
<p>Aux éditions Eyrolles</p>
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